Interview
Abdoulaye Bah: « Je veux que Kindia soit une grande ville parce qu’elle l’est »

Président de la délégation spéciale, Abdoulaye Bah est originaire de Kindia où il est né en 1972. Parti étudier le droit à l’université de Louvain en Belgique il a été fonctionnaire dans ce pays avant de s’installer au Canada. Revenu en Guinée en 2012, il explique à Kindia Info ses motivations et ses ambitions.

 

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KI : Pourquoi avez-vous pris la décision de rentrer au pays ?

L’élection du professeur Alpha Condé a suscité beaucoup d’espoir chez les jeunes de la diaspora car nous pensions que, comme il est resté longtemps en occident, il était  doté de culture, d’efficacité et de l’amour du travail bien fait. Je me suis dit que c’était le bon moment pour rentrer en Guinée et servir mon pays.

 

KI : Pourquoi avez-vous choisi la voie de la politique et plus particulièrement l’UFDG * ?

Si vous suivez ma logique, j’ai fait les sciences politiques pas pour dire que je suis politologue mais pour acquérir les outils de la gouvernance. J’aime la politique et j’ai décidé de la pratiquer pour impacter la vie d’un nombre important de personnes. Pour choisir un parti politique il faut avoir la même idéologie que ce parti. L’UFDG est libérale et moi aussi je suis libéral. Alpha Condé est socialiste et son parti ne m’intéresse pas.

KI : Vous dirigez la commune depuis un peu plus d’un an, quelles actions concrètes pensez-vous avoir réalisées et que vous reste-t-il à faire ?

J’ai commencé par faire un discours politique très apaisant, qui rassure les gens, pour casser les tensions ethniques. Concrètement, j’ai aussi aidé à l’assainissement et à la réfection des pistes de la voirie urbaine. Nous voulons travailler mais nous n’avons pas de fonds. Les installations sont vétustes et datent du temps colonial.  C’est un vrai défi à relever. Par exemple, nous devons moderniser le marché qui a été construit en 1947. Il y a aussi des pistes dans les quartiers que nous projetons de goudronner. Je veux que Kindia soit une grande ville parce qu’elle l’est.

KI : A vous entendre parler on a l’impression que vous voulez vous présenter à la prochaine élection communale ?

Je suis un maire proche des populations. La question de la candidature n’est pas à l’ordre du jour. Je suis de l’UFDG et le moment venu, le parti décidera. Si le choix tombe sur moi, je l’assumerai avec fierté.

 KI : Vous venez d’être accusé par certains cadres de la commune d’un détournement de fonds, quelle explication pouvez-vous nous fournir ?

Effectivement j’ai été accusé par trois de mes cadres d’avoir détourné une somme de cinquante et un millions de francs guinéens. J’avais promis de ne pas m’exprimer dans les médias. Je n’ai pas réagi jusqu’à ce que je sois en possession de l’acte d’accusation. Lorsque j’ai reçu la plainte de la main de l’autorité administrative de Kindia, c’est-à-dire du préfet, j’ai porté plainte devant la justice pour diffamation, calomnie et accusation mensongère ayant eu un impact sur ma dignité et sur mon honneur. Actuellement c’est une situation qui est en négociation, la gouverneure de Kindia, Mme Cissé, a demandé à son chef de cabinet, M. Ditine, d’aplanir la situation et nous sommes en train de trouver une solution.

*Union des forces démocratiques de Guinée

Tiguidanké Simakan (radio la Voix de Fria de Fria)

Amadou Oury Barry (radio Kania zik FM de Kindia)

Fatoumata Sylla (radio Bambou FM de Faranah)

Fodé Mamoudou Bangoura (radio CBG de Kamsar)

Interview
Seydou Amarah Camara : « les règles du jeu ne sont pas encore totalement définies »

A l’approche des élections communales et communautaires qui doivent se dérouler en février 2017, Seydou Amarah Camara, président de la Commission électorale préfectorale indépendante (CEPI) de Kindia, précise son rôle dans l’organisation et le déroulement de ce processus. Il rappelle aussi les modalités d’inscription pour les candidats et les électeurs

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 KI : Pouvez-vous nous dire ce qu’est la CEPI et quel est son rôle ?

La Commission électorale préfectorale indépendante (CEPI) est un démembrement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui est chargée d’organiser des élections transparentes dans toutes les préfectures du pays.

 

KI : Les listes électorales ne sont pas encore établies mais qui peut être candidat à ces élections communales et communautaires?

Tous les  Guinéens peuvent se présenter à ces élections à condition d’avoir dix-huit ans, c’est-à-dire l’âge légal pour voter et de ne pas faire l’objet de poursuites judiciaires. Il faut aussi être originaire de la localité où l’on veut être candidat et être enregistré sur les fichiers électoraux.

KI : Qui peut voter et surtout comment peut-on voter ?

Pour l’instant, les règles du jeu ne sont pas encore totalement définies. Pour commencer, il suffit d’être Guinéen, de se faire recenser et d’avoir l’âge de voter. Une fois ces conditions préalables remplies, pour voter il faut se rendre au lieu de vote retenu dans son quartier et, bien sur, être en possession de sa carte d’électeur et s’assurer que son nom figure dans le fichier électoral. Le jour du vote où les citoyens pourront s’exprimer sera notifié par décret.

KI : En cas d’anomalie constatée pendant le déroulement du scrutin ou à l’occasion du dépouillement, quel sera le rôle de la CEPI ?

Actuellement on n’a pas encore finalisé le rôle de certaines commissions mais au niveau de la CEPI, c’est une commission de juristes qui devra intervenir.

 KI : Y aura-t-il comme à l’occasion des dernières élections législatives des observateurs internationaux déployés dans les bureaux de vote?

Ça dépend. La voie est libre pour tout le monde. Il faut toutefois savoir que les élections communautaires et communales sont des élections indirectes contrairement à l’élection présidentielle. L’Etat, s’il le souhaite, peut faire appel à une relation bilatérale ou multilatérale pour nous assister en qualité d’observateur. S’il y a des anomalies, l’observateur ne fait que les noter, il n’intervient pas. Pour les observateurs des partis, c’est la même chose.

Souleymane Bah (radio GPP FM de Labé)

Ahmed Sékou Diawara (AGP de Dabola)

Mariame Touré (radio GPP FM de Mamou)

Alpha Mamoudou Barry (radio Bolivar FM de Mamou)

Interview
Ousmane Diallo: « Il y a même des militaires et des enseignants qui font le taxi-moto »

Ousmane Diallo, chargé des conflits à la section syndicale des taxis-motos de Kindia, évoque les difficultés liées à la non-réglementation de la corporation

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KI : Pourquoi, dans la ville de Kindia, les conducteurs de taxi-moto ne sont-ils pas identifiables, à l’image de ce qui existe dans d’autres villes du pays ?

L’an passé, nous avons commencé à vendre une carte d’identification et un gilet qui coûtent 15 000 GNF. Mais au bout de deux mois, les conducteurs ont fait la grève. Ils ont dit que c’était trop cher pour eux et qu’ils voulaient payer 7 500 GNF.

Depuis lors, on a stocké les gilets dans le magasin.

 

KI : Et les plaques ?

On avait programmé de mettre les plaques aussi. Nous sommes allés rencontrer le président de la délégation spéciale, Abdoulaye Bah, qui a confirmé que tout motard à Kindia devrait porter un gilet et avoir une plaque, car c’est une obligation.

KI : Est-ce que vous aviez fait remonter l’information à la Confédération nationale des travailleurs guinéens ?

Oui, on a fait remonter l’information auprès du secrétaire général du syndicat des transporteurs et mécanique générale, monsieur Bangaly.

KI : Quelle a été sa réaction ?

Le délégué nous a dit de stopper la vente et d’attendre. Nous allons recommencer après les élections communales.

KI : Pourquoi doit-on attendre après les élections ?

Le futur maire doit nous aider à identifier les motards.

KI : Est-ce  que si on attend jusqu’après les élections, cela ne pose pas de problème de fonctionnement ?

Tous les jours, cela pose problème. Il y a même des militaires qui font le taxi et des enseignants aussi. Mais comme ils ne sont pas identifiables, on ne peut pas les en empêcher.

KI : En tant que chargé des conflits, quelle solution préconisez-vous ?

Tout ce que je peux faire, c’est alerter les autorités : la commune, la police, la gendarmerie, afin de faire de Kindia une ville excellente. Quand on va à Mamou, Kankan, Faranah, tous les motards sont identifiés par les gilets et les plaques, sauf à Kindia.

KI : Est-ce que la police vous vient en aide pour la réglementation de votre corporation ?

Oui, la police nous aide. Par exemple, au grand carrefour CFAO, elle nous a aidés à faire le traçage sur la route pour indiquer aux taximen où ils doivent se garer. Mais compte tenu du grand nombre de motos, ils se garent jusqu’au carrefour.

KI : Avez-vous une idée du nombre de conducteurs de taxis-motos à Kindia ?

Non, actuellement ils sont trop nombreux pour être identifiés. Seuls 326 sont recensés à notre niveau mais on estime qu’ils sont plus de 2000.

KI : Quelle action allez-vous mener pour les sensibiliser ?

A partir du 5 janvier, nous allons reprendre la sensibilisation à la Radio Rurale, Radio Sabou, Radio Kania Zik. Ensuite, on prendra une voiture pour circuler auprès de chaque ligne (lieu de stationnement des taxis-motos, ndlr).

KI : Avez-vous l’espoir qu’après les élections communales, la réglementation va être appliquée ?

Oui, car nous espérons que le futur maire va vraiment nous appuyer.

Yayé Aïssata Diallo (radio BTA FM de Labé)

Ibrahima Diakité (radio rurale de Dinguiraye)

Mamadou Hanafiou Diallo (radio rurale de Mali)

Böbö Saloum Milimouno (radio Niandan FM de Kissidougou)