Interview
Ousmane Diallo: « Il y a même des militaires et des enseignants qui font le taxi-moto »

Ousmane Diallo, chargé des conflits à la section syndicale des taxis-motos de Kindia, évoque les difficultés liées à la non-réglementation de la corporation

ousmane-diallo

KI : Pourquoi, dans la ville de Kindia, les conducteurs de taxi-moto ne sont-ils pas identifiables, à l’image de ce qui existe dans d’autres villes du pays ?

L’an passé, nous avons commencé à vendre une carte d’identification et un gilet qui coûtent 15 000 GNF. Mais au bout de deux mois, les conducteurs ont fait la grève. Ils ont dit que c’était trop cher pour eux et qu’ils voulaient payer 7 500 GNF.

Depuis lors, on a stocké les gilets dans le magasin.

 

KI : Et les plaques ?

On avait programmé de mettre les plaques aussi. Nous sommes allés rencontrer le président de la délégation spéciale, Abdoulaye Bah, qui a confirmé que tout motard à Kindia devrait porter un gilet et avoir une plaque, car c’est une obligation.

KI : Est-ce que vous aviez fait remonter l’information à la Confédération nationale des travailleurs guinéens ?

Oui, on a fait remonter l’information auprès du secrétaire général du syndicat des transporteurs et mécanique générale, monsieur Bangaly.

KI : Quelle a été sa réaction ?

Le délégué nous a dit de stopper la vente et d’attendre. Nous allons recommencer après les élections communales.

KI : Pourquoi doit-on attendre après les élections ?

Le futur maire doit nous aider à identifier les motards.

KI : Est-ce  que si on attend jusqu’après les élections, cela ne pose pas de problème de fonctionnement ?

Tous les jours, cela pose problème. Il y a même des militaires qui font le taxi et des enseignants aussi. Mais comme ils ne sont pas identifiables, on ne peut pas les en empêcher.

KI : En tant que chargé des conflits, quelle solution préconisez-vous ?

Tout ce que je peux faire, c’est alerter les autorités : la commune, la police, la gendarmerie, afin de faire de Kindia une ville excellente. Quand on va à Mamou, Kankan, Faranah, tous les motards sont identifiés par les gilets et les plaques, sauf à Kindia.

KI : Est-ce que la police vous vient en aide pour la réglementation de votre corporation ?

Oui, la police nous aide. Par exemple, au grand carrefour CFAO, elle nous a aidés à faire le traçage sur la route pour indiquer aux taximen où ils doivent se garer. Mais compte tenu du grand nombre de motos, ils se garent jusqu’au carrefour.

KI : Avez-vous une idée du nombre de conducteurs de taxis-motos à Kindia ?

Non, actuellement ils sont trop nombreux pour être identifiés. Seuls 326 sont recensés à notre niveau mais on estime qu’ils sont plus de 2000.

KI : Quelle action allez-vous mener pour les sensibiliser ?

A partir du 5 janvier, nous allons reprendre la sensibilisation à la Radio Rurale, Radio Sabou, Radio Kania Zik. Ensuite, on prendra une voiture pour circuler auprès de chaque ligne (lieu de stationnement des taxis-motos, ndlr).

KI : Avez-vous l’espoir qu’après les élections communales, la réglementation va être appliquée ?

Oui, car nous espérons que le futur maire va vraiment nous appuyer.

Yayé Aïssata Diallo (radio BTA FM de Labé)

Ibrahima Diakité (radio rurale de Dinguiraye)

Mamadou Hanafiou Diallo (radio rurale de Mali)

Böbö Saloum Milimouno (radio Niandan FM de Kissidougou)