Mise en avant

EDITO

VIVA KINDIA!

C’est une première. Trente et un journalistes de radio et de presse en ligne du secteur public comme du secteur privé, venus de tout le pays hors Conakry, sont réunis à Kindia par l’Association des journalistes et animateurs de Kindia (AJAK) et l’Association des jeunes reporters de Guinée (AJR) pour participer au premier atelier du nouveau programme de formation de Reporters solidaires initié par African Crisis Group (ACG), avec l’appui financier de Res Publica.

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Les stagiaires et les formateurs sur les marches du Centre d’écoute, de conseil et d’orientation des jeunes (CECOJE)

Le programme est chargé, les stagiaires motivés et l’ambiance survoltée mais studieuse. Fidèles à la tradition de s’investir dans un journal expérimental, les participants encadrés par les formateurs réalisent sur un blog le premier numéro de Kindia Info, à l’image de Bobo Info 7 rédigé à Bobo-Dioulasso par des journalistes burkinabè et maliens en mai 2016. Cette formule permet de rassembler comptes-rendus, interviews et portraits écrits et audio, ainsi que des photos et des vidéos, sur un même support accessible ensuite sur notre site www.reporterssolidaires.com.

Toute la session se déroule sous l’œil de la caméra de Ibrahima Camara, assistant vidéo pour le projet « Kindia 2015 », documentaire de Canal Plus réalisé dans le cadre d’un projet de développement de cinq ans conduit par la chaîne française.

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La plus jeune stagiaire de l’atelier, Touré Touré, quatre mois, a suivi toute la session avec sa maman Mankan

 

 

 

Cette collaboration entre nos trois associations est le fruit d’une rencontre survenue en janvier 2016 à Kindia, à l’occasion d’une session de RS pour Search for Common Ground (SFCG). Une rencontre suivie d’échanges intenses, d’incertitudes mais aussi de beaucoup de volonté et de travail pour aboutir à ce résultat dont nous sommes particulièrement heureux.

Ce premier pari a été gagné. Il nous faut à présent le remettre en jeu pour effectuer les trois autres sessions prévues.

Nous espérons donner rendez-vous à tous les journalistes stagiaires dans quelques mois, toujours dans cette belle ville de Kindia.

Christine Cognat, présidente de RS

Serge Amadou Oury Barry, président de l’AJAK

Sidi Diallo, président de l’AJR de Guinée
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Serge et Sidi

Compte-rendu
Kindia au cœur d’une formation des journalistes de l’intérieur

Le  mercredi 23  novembre s’ouvre dans une ambiance sérieuse,  au  siège  du  Centre d’écoute, de conseil et d’orientation des jeunes (CECOJE) de  Kindia,  un  atelier de  formation  des  professionnels  des  médias sur  les  bases  du journalisme  et  la  couverture  électorale. L’atelier  regroupe  pour  la  première  fois  des  journalistes radio et de la presse en ligne de  l’intérieur du pays.

En  maître de cérémonie circonstanciel,  Amadou Oury Barry,  alias Serge, introduit  les  hôtes  de  marque  en  commençant  par le président  de  la  délégation  spéciale M.  Abdoulaye  Bah qui  ne cache pas  sa  joie d’accueillir cette formation dans sa ville de Kindia.

Prenant  la  parole,  le  Dr  Koureissy  Condé, directeur d’African Crisis Group (ACG) à l’origine du projet, rappelle  qu’il  est le témoin  volontaire  du  parcours  des  membres de Reporters  solidaires et de leur engagement avant de souligner que les « grandes  guerres ont impulsé les idées de  paix » en mettant les médias face à  leur rôle.

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Koureissy Condé, Mme Cissé, Abdoulaye Bah et Christine Cognat

 

 

Sidi Diallo, président de  l’Association  des  jeunes reporters de Guinée, se réjouit que cette formation ait été décentralisée pour toucher les  professionnels disséminés dans la Guinée profonde et qui n’ont souvent pas  les mêmes opportunités que leurs confrères de la capitale.

Ensuite le président de la délégation spéciale de Kindia qui est aussi professeur  de sciences politiques fait une présentation axée sur la morale dans la conquête et la conservation du pouvoir politique.

En cours de séance, la  gouverneure de Kindia, Mme Cissé, nous  honore  d’une visite surprise.

Carte de presse

Pendant deux jours, les stagiaires, divisés en deux groupes, vont plancher sur le métier de journaliste puis sur la couverture électorale, exercices à l’appui.

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Travail en groupe…

 

 

 

…Exercices à l’appui

 

 

 

A partir de samedi, place à la réalisation de Kindia Info 1. L’ambiance change alors du tout au tout. Huit groupes de quatre stagiaires sont constitués.

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On cherche ensemble des sujets à traiter sous forme de compte-rendu, d’interview ou de portrait, les trois genres journalistiques étudiés au préalable.  Les langues se délient, des rendez-vous sont pris et en route pour l’aventure.

 

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En plein milieu des débats, arrive une délégation de la Haute autorité de la communication (HAC) conduite par la commissaire Hawa Camille Camara. Avec des ingénieurs elle met en place dans les préfectures un monitoring capable d’enregistrer toutes les émissions de radio pour contrôler d’éventuels dérapages et arbitrer en cas de conflit. « Je vous annonce que vous pouvez dorénavant obtenir une carte de presse. Vous devez pour cela demander un dossier à la HAC , nous sommes là pour vous aider», ajoute-t-elle.

 

Le week-end est consacré aux reportages écrits et audio de Kindia Info, avec dimanche soir un spectacle d’acrobates offert par Mara, opérateur culturel à Kindia. Succès assuré.

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Rédaction et montage des sujets par groupe de quatre stagiaires 

Lundi 28 novembre : la dernière  matinée de cette session est marquée par un  test visant à mesurer les connaissances acquises par les participants puis par un questionnaire d’évaluation avant la traditionnelle remise des attestations.

 Ténin Condé (radio Milo FM  de Kankan)

Aïssatou Kaba Condé (radio Bolivar FM de Mamou)

Thierno Amadou Kolié Diallo (radio BTA Nimba de N’Zérékoré)

Ousmane Tounkara (radio Espace Foutah de Labé)

Compte-rendu
Abdoulaye Bah veut moraliser la politique

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Le président de la délégation spéciale de Kindia est également professeur de sciences politiques. Devant les journalistes stagiaires, il prône la vertu dans le choix des candidats aux élections communales de février 2017

 

« Les Guinéens n’aiment pas la Guinée ». C’est par un constat assez amer de l’attitude des Guinéens en général et des dirigeants actuels du pays en particulier vis à vis des biens publics que le professeur de sciences politiques et président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Kindia entame son exposé.

Pour Abdoulaye Bah, les Guinéens profitent des richesses du pays au détriment du peuple. « En Guinée, le vol n’est pas une infraction et celui des biens publics est devenu une normalité » affirme-t-il.

C’est pourquoi en prélude des élections communales prévues en février prochain, M. Bah souhaite ardemment que le choix des candidats soit fait en fonction de leurs qualités et non pas de leur ethnie ou de leurs richesses.
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Abdoulaye Bah face aux journalistes stagiaires

« Il faut que nous soyons imbus de trois vertus : le patriotisme – nous devons aimer la Guinée pour servir les Guinéens à quelque niveau que ce soit. La deuxième vertu, c’est la formation qui mène à l’excellence. Il faut avoir soif d’apprendre. Enfin la troisième, c’est l’intégrité car on ne peut pas arriver à une démocratie respectable et efficace sans que les acteurs soient intègres », martèle Abdoulaye Bah.

Poursuivant son exposé, M. Bah pointe du doigt les détournements des deniers publics érigés en système de gouvernance. « Vous avez des politiciens légers qui sont animés par la volonté d’aller aux affaires pour boire jusqu’à ce que vous savez, dans ce cas, on ne peut pas avoir le développement. Si on vole pour construire des villas de 20 milliards de francs guinéens à Conakry, vous privez la population de 20 kilomètres de route et vous avez des gens à Conakry qui ont quinze villas. L’argent vient d’où pour un fonctionnaire qui est salarié ? Il a volé qui ? La patrie ! ».

A propos des futures élections communales, le politologue rappelle les bienfaits de la démocratie. « Ses objectifs, c’est le bonheur et la paix, mais aussi le développement matériel à travers la construction de routes, d’écoles, d’hôpitaux et d’industries ».

C’est au regard de tous ces maux qui minent la gouvernance politique de plus en plus décriée en Guinée que M. Bah, à la tête de la délégation spéciale de Kindia, expérimente une autre manière de gérer sa commune. « Nous sommes dans une nouvelle école, dans une politique pédagogique. C’est pourquoi je n’hésite pas à prendre moi-même la pelle et le balai.  Je donne l’exemple aux citoyens en me mettant à la tâche ».

A l’issue de son exposé, M. Bah ne manque pas de rappeler le rôle-clé que doivent jouer les médias dans une démocratie.

Fatoumata Binta Bangoura (radio rurale de Kindia)

Mohamed Moro Sacko (radio Djoliba de Siguiri et correspondant de guineenews.org)

Nassir Youla (radio Zaly Liberté FM de N’Zérékoré)

Amadou Timbo Barry (correspondant guineenews.org et radio Nostalgie de Kankan)

Interview
Abdoulaye Bah: « Je veux que Kindia soit une grande ville parce qu’elle l’est »

Président de la délégation spéciale, Abdoulaye Bah est originaire de Kindia où il est né en 1972. Parti étudier le droit à l’université de Louvain en Belgique il a été fonctionnaire dans ce pays avant de s’installer au Canada. Revenu en Guinée en 2012, il explique à Kindia Info ses motivations et ses ambitions.

 

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KI : Pourquoi avez-vous pris la décision de rentrer au pays ?

L’élection du professeur Alpha Condé a suscité beaucoup d’espoir chez les jeunes de la diaspora car nous pensions que, comme il est resté longtemps en occident, il était  doté de culture, d’efficacité et de l’amour du travail bien fait. Je me suis dit que c’était le bon moment pour rentrer en Guinée et servir mon pays.

 

KI : Pourquoi avez-vous choisi la voie de la politique et plus particulièrement l’UFDG * ?

Si vous suivez ma logique, j’ai fait les sciences politiques pas pour dire que je suis politologue mais pour acquérir les outils de la gouvernance. J’aime la politique et j’ai décidé de la pratiquer pour impacter la vie d’un nombre important de personnes. Pour choisir un parti politique il faut avoir la même idéologie que ce parti. L’UFDG est libérale et moi aussi je suis libéral. Alpha Condé est socialiste et son parti ne m’intéresse pas.

KI : Vous dirigez la commune depuis un peu plus d’un an, quelles actions concrètes pensez-vous avoir réalisées et que vous reste-t-il à faire ?

J’ai commencé par faire un discours politique très apaisant, qui rassure les gens, pour casser les tensions ethniques. Concrètement, j’ai aussi aidé à l’assainissement et à la réfection des pistes de la voirie urbaine. Nous voulons travailler mais nous n’avons pas de fonds. Les installations sont vétustes et datent du temps colonial.  C’est un vrai défi à relever. Par exemple, nous devons moderniser le marché qui a été construit en 1947. Il y a aussi des pistes dans les quartiers que nous projetons de goudronner. Je veux que Kindia soit une grande ville parce qu’elle l’est.

KI : A vous entendre parler on a l’impression que vous voulez vous présenter à la prochaine élection communale ?

Je suis un maire proche des populations. La question de la candidature n’est pas à l’ordre du jour. Je suis de l’UFDG et le moment venu, le parti décidera. Si le choix tombe sur moi, je l’assumerai avec fierté.

 KI : Vous venez d’être accusé par certains cadres de la commune d’un détournement de fonds, quelle explication pouvez-vous nous fournir ?

Effectivement j’ai été accusé par trois de mes cadres d’avoir détourné une somme de cinquante et un millions de francs guinéens. J’avais promis de ne pas m’exprimer dans les médias. Je n’ai pas réagi jusqu’à ce que je sois en possession de l’acte d’accusation. Lorsque j’ai reçu la plainte de la main de l’autorité administrative de Kindia, c’est-à-dire du préfet, j’ai porté plainte devant la justice pour diffamation, calomnie et accusation mensongère ayant eu un impact sur ma dignité et sur mon honneur. Actuellement c’est une situation qui est en négociation, la gouverneure de Kindia, Mme Cissé, a demandé à son chef de cabinet, M. Ditine, d’aplanir la situation et nous sommes en train de trouver une solution.

*Union des forces démocratiques de Guinée

Tiguidanké Simakan (radio la Voix de Fria de Fria)

Amadou Oury Barry (radio Kania zik FM de Kindia)

Fatoumata Sylla (radio Bambou FM de Faranah)

Fodé Mamoudou Bangoura (radio CBG de Kamsar)

Interview
Seydou Amarah Camara : « les règles du jeu ne sont pas encore totalement définies »

A l’approche des élections communales et communautaires qui doivent se dérouler en février 2017, Seydou Amarah Camara, président de la Commission électorale préfectorale indépendante (CEPI) de Kindia, précise son rôle dans l’organisation et le déroulement de ce processus. Il rappelle aussi les modalités d’inscription pour les candidats et les électeurs

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 KI : Pouvez-vous nous dire ce qu’est la CEPI et quel est son rôle ?

La Commission électorale préfectorale indépendante (CEPI) est un démembrement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui est chargée d’organiser des élections transparentes dans toutes les préfectures du pays.

 

KI : Les listes électorales ne sont pas encore établies mais qui peut être candidat à ces élections communales et communautaires?

Tous les  Guinéens peuvent se présenter à ces élections à condition d’avoir dix-huit ans, c’est-à-dire l’âge légal pour voter et de ne pas faire l’objet de poursuites judiciaires. Il faut aussi être originaire de la localité où l’on veut être candidat et être enregistré sur les fichiers électoraux.

KI : Qui peut voter et surtout comment peut-on voter ?

Pour l’instant, les règles du jeu ne sont pas encore totalement définies. Pour commencer, il suffit d’être Guinéen, de se faire recenser et d’avoir l’âge de voter. Une fois ces conditions préalables remplies, pour voter il faut se rendre au lieu de vote retenu dans son quartier et, bien sur, être en possession de sa carte d’électeur et s’assurer que son nom figure dans le fichier électoral. Le jour du vote où les citoyens pourront s’exprimer sera notifié par décret.

KI : En cas d’anomalie constatée pendant le déroulement du scrutin ou à l’occasion du dépouillement, quel sera le rôle de la CEPI ?

Actuellement on n’a pas encore finalisé le rôle de certaines commissions mais au niveau de la CEPI, c’est une commission de juristes qui devra intervenir.

 KI : Y aura-t-il comme à l’occasion des dernières élections législatives des observateurs internationaux déployés dans les bureaux de vote?

Ça dépend. La voie est libre pour tout le monde. Il faut toutefois savoir que les élections communautaires et communales sont des élections indirectes contrairement à l’élection présidentielle. L’Etat, s’il le souhaite, peut faire appel à une relation bilatérale ou multilatérale pour nous assister en qualité d’observateur. S’il y a des anomalies, l’observateur ne fait que les noter, il n’intervient pas. Pour les observateurs des partis, c’est la même chose.

Souleymane Bah (radio GPP FM de Labé)

Ahmed Sékou Diawara (AGP de Dabola)

Mariame Touré (radio GPP FM de Mamou)

Alpha Mamoudou Barry (radio Bolivar FM de Mamou)

Portrait
Le prestidigitateur de Kindia : il a transformé un studio d’enregistrement en radio !

Mamadou Keita, âgé  de  31 ans, est né à Kindia. Très dynamique dans la vie associative, il est diplômé en droit public et préside la coordination des associations des jeunes (CAJEG) de Kindia. Jeune marié, père d’une fille de trois mois, KEITA est aussi le PDG de la Radio KANIA ZIK  située en centre-ville en-dessous de la Maison des jeunes.

« En 1993 j’ai  tout d’abord commencé par la création  d’un clan (bande de jeunes. Ndlr). Mais sur les conseils des associations de Kindia qui nous ont rencontrés, nous nous sommes constitués en association en 1998 et nous l’avons appelée  « Bouyan Bouyan Style ». L’objectif était de contribuer au développement de Kindia, à travers l’assainissement des lieux publics et en menant des activités culturelles, sportives et éducatives ».

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Vêtu d’un polo  immaculé, il répond à nos questions en souriant sous son drôle de chapeau en paille. Il dit détester la  déception, le mensonge, la trahison. Et on veut bien le croire, tellement il dégage de la sympathie.

Une institution

« En 2012 nous avons fait des activités avec l’Ambassade de France à travers le projet Guinée 44 et avec l’appui des partenaires et de personnes de bonne volonté, nous avons pu mettre en place un studio d’enregistrement de musique pour la production des artistes locaux. Un an plus tard, nous nous sommes dits pourquoi ne pas créer une radio permettant de faire la promotion des artistes qu’on produisait et contribuer ainsi au changement de comportement de la population de Kindia ? ».

Sa radio Kania Zik est devenue  une institution à Kindia. C’est une des radios les plus écoutées. Elle est membre de l’Union des radios et télévisions libre de Guinée (URTELGUI) avec la Radio Espace FM et la Radio Soleil FM.

« Autrefois,  il n’y avait à Kindia qu’une seule radio d’Etat et on n’avait pas accès à toutes les informations ».

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Mais Mamadou Keita n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin.

«Aujourd’hui notre vision, c’est de créer une télévision ici à Kindia dont l’objectif sera de couvrir toute la Guinée et de donner une bonne image de la ville ».

Radio KANIA ZIK  107.0

 

 

 Hassanatou Guilavogui (radio rurale de Koundara)

Désiré Julien Haba (radio Pacifique FM de N’Zérékoré)

Amadou Bory Sidibé (radio rurale de Mamou)

Fodé Oumar Camara (radio Espace Kakandé de Boké)

 

Interview
Ousmane Diallo: « Il y a même des militaires et des enseignants qui font le taxi-moto »

Ousmane Diallo, chargé des conflits à la section syndicale des taxis-motos de Kindia, évoque les difficultés liées à la non-réglementation de la corporation

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KI : Pourquoi, dans la ville de Kindia, les conducteurs de taxi-moto ne sont-ils pas identifiables, à l’image de ce qui existe dans d’autres villes du pays ?

L’an passé, nous avons commencé à vendre une carte d’identification et un gilet qui coûtent 15 000 GNF. Mais au bout de deux mois, les conducteurs ont fait la grève. Ils ont dit que c’était trop cher pour eux et qu’ils voulaient payer 7 500 GNF.

Depuis lors, on a stocké les gilets dans le magasin.

 

KI : Et les plaques ?

On avait programmé de mettre les plaques aussi. Nous sommes allés rencontrer le président de la délégation spéciale, Abdoulaye Bah, qui a confirmé que tout motard à Kindia devrait porter un gilet et avoir une plaque, car c’est une obligation.

KI : Est-ce que vous aviez fait remonter l’information à la Confédération nationale des travailleurs guinéens ?

Oui, on a fait remonter l’information auprès du secrétaire général du syndicat des transporteurs et mécanique générale, monsieur Bangaly.

KI : Quelle a été sa réaction ?

Le délégué nous a dit de stopper la vente et d’attendre. Nous allons recommencer après les élections communales.

KI : Pourquoi doit-on attendre après les élections ?

Le futur maire doit nous aider à identifier les motards.

KI : Est-ce  que si on attend jusqu’après les élections, cela ne pose pas de problème de fonctionnement ?

Tous les jours, cela pose problème. Il y a même des militaires qui font le taxi et des enseignants aussi. Mais comme ils ne sont pas identifiables, on ne peut pas les en empêcher.

KI : En tant que chargé des conflits, quelle solution préconisez-vous ?

Tout ce que je peux faire, c’est alerter les autorités : la commune, la police, la gendarmerie, afin de faire de Kindia une ville excellente. Quand on va à Mamou, Kankan, Faranah, tous les motards sont identifiés par les gilets et les plaques, sauf à Kindia.

KI : Est-ce que la police vous vient en aide pour la réglementation de votre corporation ?

Oui, la police nous aide. Par exemple, au grand carrefour CFAO, elle nous a aidés à faire le traçage sur la route pour indiquer aux taximen où ils doivent se garer. Mais compte tenu du grand nombre de motos, ils se garent jusqu’au carrefour.

KI : Avez-vous une idée du nombre de conducteurs de taxis-motos à Kindia ?

Non, actuellement ils sont trop nombreux pour être identifiés. Seuls 326 sont recensés à notre niveau mais on estime qu’ils sont plus de 2000.

KI : Quelle action allez-vous mener pour les sensibiliser ?

A partir du 5 janvier, nous allons reprendre la sensibilisation à la Radio Rurale, Radio Sabou, Radio Kania Zik. Ensuite, on prendra une voiture pour circuler auprès de chaque ligne (lieu de stationnement des taxis-motos, ndlr).

KI : Avez-vous l’espoir qu’après les élections communales, la réglementation va être appliquée ?

Oui, car nous espérons que le futur maire va vraiment nous appuyer.

Yayé Aïssata Diallo (radio BTA FM de Labé)

Ibrahima Diakité (radio rurale de Dinguiraye)

Mamadou Hanafiou Diallo (radio rurale de Mali)

Böbö Saloum Milimouno (radio Niandan FM de Kissidougou)

Portrait
Michel Kourouma, passionné par sa ville

Aujourd’hui âgé de 55 ans, ce professeur d’histoire opiniâtre a passé plusieurs années de sa vie à la recherche des origines de Kindia « Jardin de la Guinée », avant, pendant et après la colonisation. Le livre qu’il en a tiré constitue une référence documentaire, à la fois sociale, économique, politique et culturelle.

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Né le 21 septembre 1961, Michel Kourouma, marié et père de quatre enfants dont deux filles, est professeur d’histoire et de géographie au lycée général Lansana Conté de Kindia

 

 

 

Michel est coauteur avec les responsables de la Coopération Atlantique Guinée 44  du livre intitulé « Kindia, jardin de la Guinée » publié en 2007 à Kindia (Ed. L’Harmattan). Une œuvre qui s’articule autour de trois grands  chapitres notamment : Kindia précolonial (traditionnel),colonial et postcolonial.

Cet homme discret et travailleur qui a fait de l’histoire du Kindia perdu sa vocation, a été profondément marqué dans sa jeunesse par son professeur d’histoire qui lui a transmis le goût de l’écriture.

Durant plus de cinq ans, pour le livre «  Kindia, Jardin de la Guinée », Michel a recherché des personnes âgées qui incarnaient l’histoire de la ville. Il a interviewé de nombreux témoins qui l’ont aidé à retracer la trajectoire et le portrait de la ville. Il ne s’est pas contenté des témoignages oraux, il a aussi travaillé sur le terrain en retrouvant des vestiges anciens témoignant de la vie durant la colonisation, mais aussi avant et après et voire même aujourd’hui.

Ce professeur d’histoire qui s’investit dans la cause de la nouvelle génération a su rester un homme modeste, accessible et principalement soucieux de transmettre l’amour de l’histoire, notamment de sa ville et de son  pays la Guinée

Makan Soumaoro (radio Nostalgie de N’Zérékoré)

Mamadouba Sylla (guinéequotidien.com de Kindia)

Alpha Oumar Koïta (radio Kankan Milo FM de Kankan)

Compte-rendu
Un spectacle époustouflant de danses acrobatiques

La troupe Benka Fissa a organisé dimanche 27 novembre un spectacle de danses acrobatiques à la Maison des Jeunes de Kindia, en  l’honneur des formateurs de Reporters solidaires.

Ils étaient sept gymnastes-acrobates-danseurs, dont une femme, plus deux musiciens batteurs. Ces jeunes talents pleins d’ardeur ont présenté différents numéros de danse acrobatique mêlée à de la danse folklorique, pour le plus grand bonheur du public.

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Acrobates et percussionnistes sur le même rythme

Habillés de maillots de foot aux couleurs de l’équipe guinéenne, les jeunes acrobates débutent leur spectacle par des sauts de main à couper le souffle. Cela se poursuit par l’élaboration de figures géométriques. Accompagnés par le son de djembés et de dum-dum, ils exécutent des figures faites de pyramides humaines, de portés en tout genre et de pirouettes et saltos, doubles et triples, avant et arrière…

La troupe vient d’être lauréate du concours « l’Afrique a un incroyable talent ». Elle est composée d’une cinquantaine d’acrobates conduits par Ibrahima Sory Mara, éducateur énergique qui ne lésine pas sur son temps pour faire émerger les jeunes talents. Au fait, Benka Fissa, cela veut dire en malinké : « se donner la main ».

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Un spectacle haletant

Hadja Makoura Koulibaly (radio Sabou FM de Kindia)

Fatoumata Diawara (radio Rurale de Forécariah)

Michel Kourouma (radio Rurale de Kindia)

Salif Sylla (Valdo) (guinéematin.com de Télimélé)

Fodé Oumar Camara (radio Espace Kakandé de Boké)