LA SECURITE A BOBO : UN DOSSIER SECRET DEFENSE

Depuis les attentats du 2 mars 2018 à Ouagadougou contre l’ambassade de France et l’état-major général des armées, revendiqué par le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) qui a fait 8 morts et 12 blessés parmi les forces de l’ordre, la sécurité est devenue l’un des principaux sujets de préoccupation au Burkina Faso.

Dossier réalisé par : Chéri Fatou Dramé (Radio Ouga FM à Bobo), Alhousseini Alhadji (Radio Jamana FM à Tombouctou), Fatoumata Niang (Radio Issaber FM à Niafunké), Moussa Sanou (Radio du marché FM à Bobo)

SOMMAIRE

La situation à Bobo-Dioulasso

Hôtels et bus sous haute surveillance

La police municipale : un service de proximité. Interview de Abdoul Aziz Fayama, commandant de la police municipale de Bobo-Dioulasso.

Bobo sur ses gardes pendant la Semaine nationale de la Culture

En bref…

Synthèse

LA SITUATION A BOBO-DIOULASSO

A Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays, si l’inquiétude et le niveau de vigilance sont moins perceptibles que dans la capitale, le problème sécuritaire est tout autant important surtout pendant la Semaine nationale de la culture (SNC) organisée du 24 au 31 mars sur différents sites de la cité.

Bobo-Dioulasso entre jaune et orange

(source: Ministère français des Affaires étrangères)

Si les responsables de la police nationale et ceux de la gendarmerie se refusent à évoquer les mesures mises en place pour protéger la population, Abdoul Aziz Fayama, commandant de la police municipale, reconnait volontiers que les circonstances sont particulières et que sa centaine d’hommes est mobilisée pour faire de la prévention de jour comme de nuit.

Du côté de l’Institut français, où là aussi on se refuse à commenter les consignes de sécurité présentes et à venir, la direction, sur demande de l’ambassade de France, a décidé d’interdire l’accès de l’établissement aux non-adhérents et a annulé toutes les manifestations prévues pendant la SNC avant d’entamer d’importants travaux de sécurisation.

L’Institut français de Bobo fermé aux non-adhérents

Dans les grands hôtels de la ville qui accueillent un certain nombre de personnalités pendant les festivités, comme pour les compagnies de transport qui assurent la liaison entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, le niveau d’alerte a été relevé pour tenter de parer à toute éventualité.

Pour les Bobolais, la perception d’un éventuel danger est bien présente. D’ailleurs, selon les critères de ministère des affaires étrangères français, la ville est déjà à moitié en zone orange et ses proches environs en zone rouge (voir la carte).

Reportage

HÔTELS ET BUS SOUS HAUTE SURVEILLANCE

 A Bobo-Dioulasso l’hôtel Sissima, comme d’autres établissements hôteliers, a déjà pris depuis longtemps des mesures de sécurité. Ce complexe hôtelier de luxe, dont le promoteur est le burkinabè Roland Sow, propriétaire aussi de la nouvelle compagnie Elitis Express, a accueilli, pour l’ouverture de la SNC, plusieurs ministres et personnalités.

Situé à proximité de la Maison de la Culture, l’hôtel Sissima a instauré un service de sécurité qui ne laisse rien au hasard. Blocs de béton barrant l’entrée du parking, garde inspectant minutieusement tous les véhicules, à l’extérieur comme à l’intérieur, gendarmes armés en faction, double sas de contrôle: l’accès à ce havre de tranquillité semble bien protégé.

Boris Ouédraogo, responsable de la sécurité de l’hôtel et de la compagnie Elitis Express, confirme cette impression sans dévoiler tous les secrets.

 A quelques centaines de mètres de l’hôtel Sissima, la gare de la compagnie Elitis Express occupe une rue dont l’accès lui est réservé. Murs de briques rouges, agent de contrôle et fouilles des passagers, le bâtiment dont la salle d’attente et les bureaux sont climatisés est bien protégé.

La gare routière d’Elitis Express

Boris Ouédraogo explique les principes sécuritaires qui animent la compagnie.

 

 

 

Pour le responsable de la sécurité, Boris Ouédraogo, la sensibilisation et la formation de ses collaborateurs sont des éléments nouveaux pour renforcer la sécurité.

 

 

 

Interview

LA POLICE MUNICIPALE: UN SERVICE DE PROXIMITE

 Contrairement aux responsables de la police nationale et de la gendarmerie qui n’ont pas voulu s’exprimer sans ordres venus de Ouagadougou, Abdoul Aziz Fayama, commandant de la police municipale de Bobo-Dioulasso a accepté de parler. S’il n’a pas dévoilé de secrets stratégiques compte tenu des enjeux sécuritaires, il a livré quelques détails dans une interview réalisée dans son bureau.

ITW Abdoul Aziz Fayama

Points de vue

BOBO SUR SES GARDES

 Les attentats de Ouagadougou ont frappé les esprits. Même si Bobo-Dioulasso jusque-là épargnée semble vivre tranquillement, les apparences sont trompeuses.

Pendant cette Semaine nationale de la Culture tout le monde est sur ses gardes, aussi bien les organisateurs de la SNC que les simples habitants.

 

Pour Aimé Frédéric Niamba, directeur régional de la Culture, des Arts et du Tourisme, toutes les précautions ont été prises pour garantir la sécurité des spectateurs et des participants.

 

 

 

 Rencontré dans la rue, Issa Belem, n’est pas pour autant rassuré. Les attentats sont une réalité et la menace ne peut pas être niée pendant cette semaine de la SNC.

 En bref…

80 attaques depuis 2015

Selon François Comparé, ministre de la sécurité, un bilan dressé après les attentats du 2 mars à Ouagadougou fait état de 80 attaques terroristes au Burkina Faso depuis 2015 qui ont fait 133 morts.

Les trois attentats de Ouagadougou:

  • 15 Janvier 2016: 30 morts après les attaques du restaurant Cappuccino et de l’hôtel Splendid revendiquées par AQMI
  • 13 août 2016 : 18 morts après l’attaque du café- restaurant Istanbul revendiquée par le GSIA
  • 02 mars 2018: 8 morts après les attaques de l’ambassade de France et de l’état-major général des armées revendiquées par le GSIM