COURT-CIRCUIT ELECTRIQUE A BOBO-DIOULASSSO

LE SOLAIRE, REMÈDE PALLIATIF AUX DÉLESTAGES

 « L’énergie pour tous » tarde encore à être une réalité au Burkina Faso, notamment dans la deuxième ville du pays, Bobo-Dioulasso.

Non pas que son importance pour le développement soit méconnue mais la principale société de distribution, la SONABEL, rencontre d’énormes difficultés à satisfaire la demande.

Conséquence : des populations se tournent vers le solaire, un secteur en pleine expansion mais encore anarchique.

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Dossier réalisé par Louise Konaté (Radio municipale de Sya à Bobo), Agaïchatou Walet Hamada (Radio Alkabar FM à Gourma-Rharous), Wilfried Somé (Radio RED à Bobo, Mohamed Almahadi Touré (Radio Hondou FM à Goundam)

SOMMAIRE

SONABEL : D’énormes défis à  relever

Avenue Nelson  Mandela by night : L’arrivée des lampadaires électriques a tout changé

Délestages de courant électrique : Un calvaire pour les populations

Marché du solaire : Bobo-Dioulasso est dans la danse

« Le gouvernement doit prendre des mesures pour encadrer le domaine du solaire ». Interview de Tite Coulibaly, expert en énergie solaire

Synthèse

SONABEL : D’ÉNORMES DÉFIS A RELEVER                                       

 D’où vient l’électricité au Burkina ? Quelles sont les raisons des délestages ? Comment s’en sortir ? Les responsables de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) ayant refusé de nous recevoir, nous avons trouvé les réponses à ces questions dans une interview accordée au journal « l’Evènement » en octobre 2017 par François de Salles Ouédraogo, DG de la Société.

L’énergie électrique distribuée au Burkina provient des hydrocarbures, des centrales hydro-électriques, mais aussi du solaire et de l’interconnexion avec certains pays voisins comme le Ghana et la Côte d’Ivoire.

La capacité des centrales est trop faible pour couvrir tous les besoins

(photo SONABEL)

Le Burkina en chiffres, c’est 19% de taux d’électrification et 30% de dépendance au réseau électrique ivoirien.

Malgré les efforts entrepris ces dernières années par la SONABEL, la principale société de distribution, le pays peine toujours à couvrir ses besoins énergétiques, d’où très souvent des délestages surtout aux mois d’avril, mai et juin.

Selon le Directeur Général de la SONABEL, cette situation est due en partie à une insuffisance de courant pour fournir les consommateurs. « Les pannes peuvent aussi en être la cause, de même que des difficultés sur le  réseau d’interconnexion»,  précise-t-il.

Face à ces différents problèmes entrainant des délestages, le N°1 de la nationale de l’électricité au Burkina pense que des défis majeurs restent à relever.

Il s’agit de rendre accessible l’électricité pour tous, d’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande pour éviter les coupures de courant. Il s’agit aussi de diminuer le coût de l’électricité ou encore d’améliorer sa qualité et cela en investissant dans des équipements plus modernes.

Reportage

AVENUE NELSON MANDELA BY NIGHT

L’ARRIVEE DES LAMPADAIRES ÉLECTRIQUES A TOUT CHANGE

Depuis l’installation des lampadaires électriques, l’avenue Nelson Mandela est devenue une des routes les plus animées de Bobo-Dioulasso. Même après  la tombée de la nuit, les populations continuent d’exercer leurs activités.

Des lampadaires électriques allumés, des boutiques et des ateliers ouverts, une circulation toujours dense, nous sommes pourtant en pleine nuit sur l’Avenue Nelson Mandela.

L’éclairage a changé la vie des riverains

Abdramane Komboïgo  est commerçant. Installé depuis belle lurette sur cette voie, il constate avec beaucoup de plaisir aujourd’hui que l’éclairage public a rendu cette rue vivante.

Sylla Ouédraogo est un vendeur de sacs de voyage sur cette avenue Nelson Mandela. En absence de courant électrique dans sa boutique, il profite de la lumière des lampadaires publics.

 

Alida Yara est aussi une riveraine de l’Avenue Nelson Mandela. Employée dans un  pressing, elle mesure bien les avantages de ces lampadaires.

Les avantages des lampadaires publics installés sur l’avenue Nelson Mandela ne font l’objet d’aucun doute. Pour les populations, la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) doit maintenant travailler à minimiser les coupures de courant électrique.

Micro-trottoir

DELESTAGES DE COURANT ELECTRIQUE :

UN CALVAIRE POUR LES POPULATIONS

Les délestages constituent des moments difficiles pour les populations de Bobo-Dioulasso. Presque tous les domaines de la vie socio-économique sont concernés. Nous avons interrogé quelques victimes à Kôkô, un quartier de la ville.

 

Samedi 24 mars 2018, nous sommes à Kôkô et le courant est coupé depuis plusieurs heures. Ibrahim Thanou est un vulcanisateur. Assis sur un tabouret au bord de son atelier, sur son visage se lit toute la tristesse du monde.

 

 

Autre victime des coupures de courant électrique, la famille d’Oumarou Kassamba dans le quartier Kôkô.

 

Chez Oumarou, les délestages sont toujours très mal ressentis. Ils perturbent toutes les activités familiales.

 

 

 

 

 

 

Assita Traoré est restauratrice à Bobo-Dioulasso. Plusieurs fois victimes des coupures de courant électrique, c’est avec beaucoup de nervosité qu’elle en parle.

 

 

Pour fuir ce calvaire, certaines familles se sont déjà tournées vers le solaire.

Reportage

MARCHE DU SOLAIRE

BOBO-DIOULASSO EST DANS LA DANSE

Le marché du solaire est en plein essor au Burkina. Presque partout dans le pays, on rencontre soit des boutiques, soit des marchands ambulants. C’est le cas notamment dans la ville de Bobo-Dioulasso.

Le grand marché de Bobo-Dioulasso grouille de monde en cette matinée du samedi 24 mars 2018. Dès notre entrée, nous sommes vite impressionnés par cette boutique de vente d’objets solaires appartenant à Seydou.

Bonaventure Hien est aussi un gérant de boutique de vente d’objets solaires au grand marché de Bobo-Dioulasso.

Dans sa boutique, on découvre des panneaux solaires, des lampes, ou encore des batteries.

Cet homme est dans ce commerce depuis qu’il a compris que la demande des populations en  objets solaires avait augmenté.

Outre le grand marché, la vente des objets solaires se retrouve aussi dans les rues de Bobo-Dioulasso.

 

C’est justement ces endroits que Joseph Bazongo a choisis pour développer son commerce.

 

 

La prolifération des objets solaires n’est pas une mauvaise chose à Bobo-Dioulasso. Mais pour certains, il faudrait quand même y mettre un peu d’ordre.

Interview

TITE COULIBALY, EXPERT EN ENERGIE SOLAIRE :

« IL FAUT ENCADRER LE DOMAINE DU SOLAIRE »

 Tite Coulibaly est électro-énergéticien solaire. Formé au centre Jean Bosco à Bamako au Mali, il est également le responsable de Complexe Electricité et Bâtiment (COMELBA), une entreprise qui a une longue expérience dans le domaine du solaire à Bobo-Dioulasso.

Selon Tite Coulibaly, le secteur est mal organisé et il espère que le gouvernement burkinabè va prendre des mesures pour l’encadrer car selon lui, le marché est inondé de matériel de mauvaise qualité, ce qui est « décourageant ». Aujourd’hui tout le monde peut importer et vendre des panneaux solaires. Il faut également former les installateurs.