ENTRE LE MALI ET LE BURKINA-FASO, LA SÉCURITÉ DES BUS LAISSE A DESIRER

S’il y a un problème dont on parle, c’est bien la sécurisation des transports frontaliers entre le Mali et le Burkina Faso. Au moment où le déploiement de 5 000 hommes est annoncé pour sécuriser la zone sahélienne, grâce à un financement de l’Union européenne, nous nous sommes intéressés à la sécurité des bus. En effet, les voyageurs courent un véritable danger face à la montée du terrorisme au Sahel. Plus de 1300 km de frontière séparent les deux pays et chaque jour, des centaines de personnes vont de l’un à l’autre dans des conditions douteuses.

Lors des contrôles, tout le monde descend

Entre le Mali et le Burkina Faso, ce sont des centaines de personnes qui traversent chaque jour la frontière. Les transports en commun sont le moyen le plus utilisé. Au regard de l’insécurité qui règne au niveau des frontières, certains passagers ne cachent pas leur inquiétude. Voyager entre le Mali et le Burkina suscite même une véritable peur chez certains.  Le contrôle au niveau des frontières ne rassure pas à cause du manque de rigueur lors des fouilles. Plusieurs passagers peuvent facilement passer les frontières en bus sans être contrôlés. Or les deux pays connaissent une véritable montée du terrorisme. Adian Traoré, un passager malien venu cette semaine,  a pu constater la  criante légèreté lors des contrôles.

Ci-dessous, l’interview d’Adian Traoré

ITW Adian Traore

Reportage. CERTAINES GARES ROUTIÈRES S’ÉQUIPENT D’UN SCANNER

Dans certaines gares de la ville de Bobo-Dioulasso, comme celle de la compagnie Rakieta, le contrôle se fait au moyen d’un scanner. Les bagages et les passagers passent au scanner avant l’embarquement.

Cependant le contrôle des identités n’est pas respecté. Selon Yaya Ouattara, adjoint au chef de gare, certains passagers refusent presque le contrôle d’identité.

Ci-dessous, l’interview de Yaya Ouattara

Ouattara Yaya

En revanche le contrôle strict  est une priorité dans certaines gares comme celles de TCV. Tout est passé au peigne fin : identité, bagages, fouille corporelle.  Un numéro de téléphone est même nécessaire pour bénéficier du ticket de voyage selon Siaka Koné, responsable de la gare.

Ci-dessous, l’interview de Siaka Koné

Kone Siaka

Selon plusieurs passagers interrogés, le contrôle des bagages se fait à la va-vite et même pas de façon intégrale. Chose qui pourrait favoriser le transport d’objets prohibés entre les deux pays.

Pourtant un responsable de la douane de Bobo dira tout le contraire. Pour L’inspecteur Amado Samtoma, rien n’est négligé à ce niveau.

Ci-dessous, l’interview de l’inspecteur Samtoma

Inspecteur Samtoma

A TCV tout passager qui devient suspect par son comportement ou lors des fouilles se voit débarquer du bus avant même le départ. Il y a juste une semaine, un suspect dont la valise contenait des objets prohibés a été remis aux autorités par les responsables de TCV. Nous avons tenté plusieurs fois  de joindre des responsables de la police des frontières sans succès pour nous confirmer l’arrestation de ce suspect. Cette information en revanche nous a été confirmée par un responsable de la douane bobolaise qui a requis l’anonymat et Siaka Koné n’a pas voulu nous dire ce que contenait la valise en question.

Ci-dessous, suite de l’interview de Siaka Koné

Kone Siaka

Certaines compagnies trouvent le comportement des autorités beaucoup trop laxiste. Les bus de transport sont par exemple plus contrôlés que les véhicules dits personnels. Pourtant les personnes de mauvaises intentions peuvent justement profiter de cette situation pour troubler la sécurité des populations. C’est ainsi que Mamadou Diarra, un des responsables de la compagnie TCV, dénonce la négligence des autorités.

Ci-dessous, l’interview de Mamadou Diarra

Pourtant dans d’autres pays comme l’Egypte rien n’est laissé au hasard. Tout est contrôlé : sacs à main, bagages. Le moindre soupçon provoque une fouille minutieuse du passager comme le témoigne Abdoulaye Ouattara venu il y a quelques jours de ce pays.

Ci-dessous, l’interview d’Abdoulaye Ouattara

Abdoulaye Ouattara

Selon une étude de IBM Sahel, chaque jour ce sont près de 400 personnes qui viennent du Mali jusqu’au Burkina. Plus de la moitié sortent également par jour du Burkina en direction du Mali. Face à la montée de l’insécurité au niveau des zones frontalières, les compagnies interpellent les autorités.

Ci-dessous, suite de l’interview de Mamadou Diarra

ITW Diarra Mamadou 

De plus, les voyageurs continuent toujours de dénoncer le racket dont ils font l’objet au niveau des frontières. Une somme de 1000 à 2000 FCFA est demandée à chaque passager pour pouvoir passer. Entre menaces terroristes, insécurité et racket, le calvaire des populations continue au niveau des frontières.

Témoignage. ADIAN TRAORE: « C’EST UN TRAUMATISME POUR CERTAINS »

Adian Traoré est venu cette semaine du Mali. Il a pu constater ce qui se passe au niveau des frontières.  Fata Traoré s’est entretenue  avec lui sur le sujet.

 

Ci-dessous, le témoignage d’Adian Traoré

Fatalmoudou Traoré (Diiri FM, Diré), Fatou Chérie Dramé (Ouaga FM, Bobo-Dioulasso), Alhousseini Alhadji (Radio Djamana, Tombouctou), Lassina Diarra (Le Quotidien, Bobo-Dioulasso)

 

 

 

Photos : stagiaires et Olivier Gros-Chevallier