EDITO

Des journalistes et animateurs radio de la Région de Tombouctou et de celle des Hauts-Bassins qui se réunissent à Bobo-Dioulasso pour une session de formation organisée par Reporters solidaires (RS), ce n’est pas nouveau. Mais c’est à chaque fois un nouveau défi.

Depuis que nous avons lancé nos projets au Burkina Faso en 2009 puis au Mali en 2011, ils se sont retrouvés à six reprises et ont réalisé ensemble plusieurs numéros du journal expérimental Bobo Info, d’abord écrit et radiophonique puis sur un blog multimédia qui permet de mélanger textes, photos et sons. Chaque atelier est l’occasion d’échanges professionnels et déontologiques mais aussi de mettre les théories en pratique en abordant différents genres journalistes, interview, compte-rendu, reportage, portrait, analyse, etc. qui offrent une diversité de l’information tout en obéissant à des règles particulières.

Pour ce huitième Bobo Info,nous nous sommes attachés à l’enquête, genre le plus abouti s’il en est et qui donne au journalisme ses lettres de noblesse. Quel journaliste n’a en effet rêvé de « faire de l’investigation », de sortir le scoop du siècle, d’être reconnu dans son métier à l’image des plus grands reporters? Tout journaliste peut être amené à mener des investigations sur des sujets sensibles mais parfois très simples qui répondent aux préoccupations de la population.

Pour ce numéro, les stagiaires ont choisi quatre sujets qu’ils ont travaillés en groupe de quatre ou cinq sous la direction de deux formateurs burkinabè titulaires du Master 2 en journalisme de l’Institut de la Communication (ICOM) de l’Université Lumière-Lyon avec lequel nous avons un partenariat, et deux formateurs de RS.

Le premier sujet est international -n’ayons pas peur des mots – puisqu’il concerne les centaines de voyageurs qui traversent chaque jour la frontière entre le Mali et le Burkina Faso en bus. Leur sécurité est-elle bien assurée?Le deuxième se veut un plaidoyer pour la réhabilitation du Vieux Bobo que fuient les touristes en raison de son insalubrité. De nombreux projets existent mais bien peu se réalisent. Pourquoi?

Le troisième aborde la situation de l’Institut Français de Bobo-Dioulasso, lieu incontournable de la culture. Mais ne fait-il pas de l’ombre aux autres structures de ce type? Enfin le quatrième sujet traite des césariennes, dont le nombre augmente régulièrement au Burkina Faso comme partout en Afrique. Est-ce inquiétant ou au contraire signe d’un meilleur dépistage des grossesses à risque?

Chaque enquête est une réponse à une question. Elle demande généralement du temps. Or nous n’avions que trois jours pour boucler celles-ci. C’était le défi de cette septième rencontre entre journalistes et animateurs radio maliens et burkinabè.

Christine Cognat et Francis Viailly (Reporters solidaires)

Mountamou Kani (Union des journalistes, communicateurs et correspondants de presse des Hauts-Bassins)

Abdoulaye Traoré (Association des journalistes et animateurs solidaires de la Région de Tombouctou)

ILS L’ONT FAIT!

 

Photos : stagiaires et Olivier Gros-Chevallier