LE TOURISME A BOBO-DIOULASSO: DES PROJETS, ENCORE DES PROJETS, TOUJOURS DES PROJETS

Comme les autres villes du Burkina Faso, Bobo-Dioulasso, carrefour de l’Afrique de l’Ouest, connaît un ralentissement de son secteur touristique en raison des problèmes liés à l’insécurité. Mais ce contexte sécuritaire n’explique pas tout.

Entre une volonté affirmée de réhabilitation des sites et l’engagement effectif d’une certaine partie de la population, la municipalité et les acteurs du tourisme ont conscience de l’urgence de la situation.

 

A la Vieille Mosquée, on rêve d’une reconnaissance par le patrimoine mondial de l’Unesco, à la Direction régionale de la culture, des arts et du tourisme, on parle d’assainissement et à la mairie, on organise le curage  du marigot Houët. Pendant ce temps, dans le Vieux Bobo, la population vit toujours parmi les détritus.

 

 

Reportage. UN VILLAGE QUI A BESOIN D’UN GRAND NETTOYAGE

Situé au coeur de Bobo-Dioulasso, le village emblématique de Dioulassoba est un site d’attraction touristique qui fait la fierté de la ville. Malheureusement, l’insalubrité grandissante des lieux constitue un obstacle à la valorisation de ce patrimoine. Pour une meilleure croissance du secteur touristique, des actions d’envergure s’avèrent nécessaires. Mais encore faut-il que les acteurs mutualisent leurs forces.

La visite du Vieux Bobo est conditionnée à l’achat obligatoire d’un ticket. Pour mille FCFA,  le touriste peut pénétrer avec un guide assermenté dans ce quartier historique, patrimoine de la ville de Sya. Mais la réalité ne correspond pas franchement à la carte postale qui est vantée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre ordures, eaux usées et déchets en tous genres, les guides essaient malgré tout de se frayer un chemin avec leurs rares clients.

 

 

 

Pourtant, ce ne sont pas les projets de salubrité qui manquent, selon Simon Sanou, président de l’association  des guides touristiques de Bobo.

 

 

Ci-dessous, l’interview de Simon Sanou

Sous un arbre, tranquillement installés autour d’un jeu de domino, quelques notables ont eux aussi des solutions toutes personnelles pour résoudre ce problème qui ternit l’image de leur quartier.  Bakary Sogo Sanou pense tout simplement qu’il faut une motivation.

Ci-dessous, l’interview de Bakary Sogo Sanou

Lagassina Sanou, un ancien conseiller municipal et agent communal, pointe du doigt l’absence de moyens et,selon lui, les lacunes de la mairie.

Ci-dessous, l’interview de Lagassina Sanou

La question de la salubrité du vieux quartier reste une préoccupation pour les autorités en charge du tourisme à Bobo.

Frédéric Niamba, directeur régional de la Culture, des Arts et du Tourisme, semble vouloir prendre le problème à bras-le-corps.

Ci-dessous, l’interview de Frédéric Niamba

Selon Frédéric Niamba, le tourisme possède tous les atouts pour se développer à condition que les acteurs soient mieux organisés.

Ci-dessous, la suite de l’interview de Frédéric Niamba

 

 

A l’entrée de la Villa Rose, un des hôtels de Bobo-Dioulasso, on remarque immédiatement les nombreuses statuettes et les masques suspendus un peu partout sur les murs. Dans cet établissement, la clientèle qui profite des charmes d’un vaste jardin ombragé est surtout constituée de membres d’ONG et de quelques touristes. Pour Moctar Salamatao, le propriétaire de la Villa Rose, hôtellerie et tourisme vont de pair.

 Ci-dessous, l’interview de Moctar Salamatao

 

 

Actuellement confronté à de nombreuses difficultés, le secteur du tourisme pourrait peut-être améliorer sa situation en accentuant la sensibilisation à l’hygiène auprès de la population.

Interview. ALI NO, ADJOINT AU MAIRE DE BOBO CHARGE DU TOURISME:  » QUE LA POPULATION NE VIVE PLUS DANS UN DÉPOTOIR »

Conscientes de l’importance du tourisme et de l’obstacle que constitue l’état d’insalubrité du Vieux Bobo, les autorités municipales sont prêtes à faire des efforts pour que leur ville redevienne la capitale touristique du Burkina Faso et une valeur en Afrique.

Ci-dessous, l’interview de Ali No

Portrait. UN GUIDE QUI A LE TOURISME DANS LA PEAU

Lucien Bognini est guide touristique à Bobo-Dioulasso depuis 21 ans. Dynamique et ambitieux, il ne veut pas abandonner son métier malgré le phénomène du terrorisme qui a touché le secteur touristique des Hauts Bassins à partir de l’année 2015

Lucien Bognini est né à koumbia, commune rurale située à 60 Kilomètres de la ville de Bobo-Dioulasso dans la province des Balé. A 43 ans, il porte fièrement  ses balafres typiques de Boaba, une ethnie vivant à l’ouest du Burkina Faso, caractérisée par son ouverture d’esprit et son franc-parler.

Comment est-il devenu guide touristique, lui qui a commencé à travailler dans les travaux publics ?  « Grâce à un ami, en 1996, j’ai intégré le secteur touristique à l’hôtel Watinoma situé dans le centre-ville de Bobo-Dioulasso. A l’époque, j’avais pour mission de conduire parfois des touristes dans les sites touristiques tels que le marigot sacré de Dafra, le village atypique de Koro et même au-delà de la ville, notamment à Banfora et Tingrela ».

 

Son dynamisme, sa promptitude et sa jovialité lui permettront de conduire les touristes hors des frontières du pays des hommes intègres.  Bien imprégné du milieu, Lucien va user de son niveau intellectuel et de son talent de communicant pour s’imposer dans le métier. « J’ai obtenu ma carte de guide touristique le 3 mars 1997  et au bout de quelques  années, je suis devenu un membre exécutif du bureau de l’Association des guides ».

Comme pour les autres guides de Bobo-Dioulasso, Lucien reconnait que ces dernières années, le métier est devenu difficile. « Avant, on pouvait compter  deux mille touristes par semaine alors qu’en janvier passé, l’association des guides  n’a enregistré la venue d’aucun touriste ».

Ce secteur sinistré ne nourrit plus son homme. Malgré l’atmosphère peu prometteuse du tourisme face au phénomène du terrorisme ces dernières années, Lucien ne baisse pas les bras. Il continue d’offrir son service et son savoir en échangeant son costume de guide contre celui d’agent en hôtellerie. Toujours optimiste, il confie même avoir des projets : « J’ambitionne d’ouvrir une agence de voyage ». Toutefois, pourra-t-il y parvenir sans l’accompagnement de partenaires ?

 

Interview. LE RÊVE DE SEYDOU SANOU, GUIDE DE LA VIEILLE MOSQUÉE DE BOBO

La mosquée de Dioulassoba a été construite en 1872 par l’Imam Gaoussou Sakidi Sanou. Au fil des siècles, cette richesse nationale, bâtie en terre et ornée de morceaux de bois, a surmonté l’épreuve du temps. Cette année, ses responsables espèrent la faire inscrire au patrimoine culturel mondial de l’Unesco. Grâce à des fonds levés avec succès, les travaux de réhabilitation ont déjà commencé. C’est une page nouvelle de son histoire qui se tourne.

Ci-dessous, l’interview de Seydou Sanou

Agaïchatou Walet Hamada (Radio Alkhabar, Gourma-Rharous), Aminata Sanou (L’Express du Faso, Bobo-Dioulasso),  Mohamed Touré (Radio Alkhabar, Gourma-Rharous),  Wielfried Somé (Radio RED FM, Bobo-Dioulasso), Moussa Traoré (Diiri FM, Diré)

Photos : stagiaires et Olivier Gros-Chevallier