EDITO

Des journalistes et animateurs radio de la Région de Tombouctou et de celle des Hauts-Bassins qui se réunissent à Bobo-Dioulasso pour une session de formation organisée par Reporters solidaires (RS), ce n’est pas nouveau. Mais c’est à chaque fois un nouveau défi.

Depuis que nous avons lancé nos projets au Burkina Faso en 2009 puis au Mali en 2011, ils se sont retrouvés à six reprises et ont réalisé ensemble plusieurs numéros du journal expérimental Bobo Info, d’abord écrit et radiophonique puis sur un blog multimédia qui permet de mélanger textes, photos et sons. Chaque atelier est l’occasion d’échanges professionnels et déontologiques mais aussi de mettre les théories en pratique en abordant différents genres journalistes, interview, compte-rendu, reportage, portrait, analyse, etc. qui offrent une diversité de l’information tout en obéissant à des règles particulières.

Pour ce huitième Bobo Info,nous nous sommes attachés à l’enquête, genre le plus abouti s’il en est et qui donne au journalisme ses lettres de noblesse. Quel journaliste n’a en effet rêvé de « faire de l’investigation », de sortir le scoop du siècle, d’être reconnu dans son métier à l’image des plus grands reporters? Tout journaliste peut être amené à mener des investigations sur des sujets sensibles mais parfois très simples qui répondent aux préoccupations de la population.

Pour ce numéro, les stagiaires ont choisi quatre sujets qu’ils ont travaillés en groupe de quatre ou cinq sous la direction de deux formateurs burkinabè titulaires du Master 2 en journalisme de l’Institut de la Communication (ICOM) de l’Université Lumière-Lyon avec lequel nous avons un partenariat, et deux formateurs de RS.

Le premier sujet est international -n’ayons pas peur des mots – puisqu’il concerne les centaines de voyageurs qui traversent chaque jour la frontière entre le Mali et le Burkina Faso en bus. Leur sécurité est-elle bien assurée?Le deuxième se veut un plaidoyer pour la réhabilitation du Vieux Bobo que fuient les touristes en raison de son insalubrité. De nombreux projets existent mais bien peu se réalisent. Pourquoi?

Le troisième aborde la situation de l’Institut Français de Bobo-Dioulasso, lieu incontournable de la culture. Mais ne fait-il pas de l’ombre aux autres structures de ce type? Enfin le quatrième sujet traite des césariennes, dont le nombre augmente régulièrement au Burkina Faso comme partout en Afrique. Est-ce inquiétant ou au contraire signe d’un meilleur dépistage des grossesses à risque?

Chaque enquête est une réponse à une question. Elle demande généralement du temps. Or nous n’avions que trois jours pour boucler celles-ci. C’était le défi de cette septième rencontre entre journalistes et animateurs radio maliens et burkinabè.

Christine Cognat et Francis Viailly (Reporters solidaires)

Mountamou Kani (Union des journalistes, communicateurs et correspondants de presse des Hauts-Bassins)

Abdoulaye Traoré (Association des journalistes et animateurs solidaires de la Région de Tombouctou)

ILS L’ONT FAIT!

Photos : stagiaires et Olivier Gros-Chevallier

ENTRE LE MALI ET LE BURKINA-FASO, LA SÉCURITÉ DES BUS LAISSE A DESIRER

S’il y a un problème dont on parle, c’est bien la sécurisation des transports frontaliers entre le Mali et le Burkina Faso. Au moment où le déploiement de 5 000 hommes est annoncé pour sécuriser la zone sahélienne, grâce à un financement de l’Union européenne, nous nous sommes intéressés à la sécurité des bus. En effet, les voyageurs courent un véritable danger face à la montée du terrorisme au Sahel. Plus de 1300 km de frontière séparent les deux pays et chaque jour, des centaines de personnes vont de l’un à l’autre dans des conditions douteuses.

Lors des contrôles, tout le monde descend

Entre le Mali et le Burkina Faso, ce sont des centaines de personnes qui traversent chaque jour la frontière. Les transports en commun sont le moyen le plus utilisé. Au regard de l’insécurité qui règne au niveau des frontières, certains passagers ne cachent pas leur inquiétude. Voyager entre le Mali et le Burkina suscite même une véritable peur chez certains.  Le contrôle au niveau des frontières ne rassure pas à cause du manque de rigueur lors des fouilles. Plusieurs passagers peuvent facilement passer les frontières en bus sans être contrôlés. Or les deux pays connaissent une véritable montée du terrorisme. Adian Traoré, un passager malien venu cette semaine,  a pu constater la  criante légèreté lors des contrôles.

Ci-dessous, l’interview d’Adian Traoré

ITW Adian Traore

Reportage. CERTAINES GARES ROUTIÈRES S’ÉQUIPENT D’UN SCANNER

Dans certaines gares de la ville de Bobo-Dioulasso, comme celle de la compagnie Rakieta, le contrôle se fait au moyen d’un scanner. Les bagages et les passagers passent au scanner avant l’embarquement.

Cependant le contrôle des identités n’est pas respecté. Selon Yaya Ouattara, adjoint au chef de gare, certains passagers refusent presque le contrôle d’identité.

Ci-dessous, l’interview de Yaya Ouattara

Ouattara Yaya

En revanche le contrôle strict  est une priorité dans certaines gares comme celles de TCV. Tout est passé au peigne fin : identité, bagages, fouille corporelle.  Un numéro de téléphone est même nécessaire pour bénéficier du ticket de voyage selon Siaka Koné, responsable de la gare.

Ci-dessous, l’interview de Siaka Koné

Kone Siaka

Selon plusieurs passagers interrogés, le contrôle des bagages se fait à la va-vite et même pas de façon intégrale. Chose qui pourrait favoriser le transport d’objets prohibés entre les deux pays.

Pourtant un responsable de la douane de Bobo dira tout le contraire. Pour L’inspecteur Amado Samtoma, rien n’est négligé à ce niveau.

Ci-dessous, l’interview de l’inspecteur Samtoma

Inspecteur Samtoma

A TCV tout passager qui devient suspect par son comportement ou lors des fouilles se voit débarquer du bus avant même le départ. Il y a juste une semaine, un suspect dont la valise contenait des objets prohibés a été remis aux autorités par les responsables de TCV. Nous avons tenté plusieurs fois  de joindre des responsables de la police des frontières sans succès pour nous confirmer l’arrestation de ce suspect. Cette information en revanche nous a été confirmée par un responsable de la douane bobolaise qui a requis l’anonymat et Siaka Koné n’a pas voulu nous dire ce que contenait la valise en question.

Ci-dessous, suite de l’interview de Siaka Koné

Kone Siaka

Certaines compagnies trouvent le comportement des autorités beaucoup trop laxiste. Les bus de transport sont par exemple plus contrôlés que les véhicules dits personnels. Pourtant les personnes de mauvaises intentions peuvent justement profiter de cette situation pour troubler la sécurité des populations. C’est ainsi que Mamadou Diarra, un des responsables de la compagnie TCV, dénonce la négligence des autorités.

Ci-dessous, l’interview de Mamadou Diarra

Pourtant dans d’autres pays comme l’Egypte rien n’est laissé au hasard. Tout est contrôlé : sacs à main, bagages. Le moindre soupçon provoque une fouille minutieuse du passager comme le témoigne Abdoulaye Ouattara venu il y a quelques jours de ce pays.

Ci-dessous, l’interview d’Abdoulaye Ouattara

Abdoulaye Ouattara

Selon une étude de IBM Sahel, chaque jour ce sont près de 400 personnes qui viennent du Mali jusqu’au Burkina. Plus de la moitié sortent également par jour du Burkina en direction du Mali. Face à la montée de l’insécurité au niveau des zones frontalières, les compagnies interpellent les autorités.

Ci-dessous, suite de l’interview de Mamadou Diarra

ITW Diarra Mamadou 

De plus, les voyageurs continuent toujours de dénoncer le racket dont ils font l’objet au niveau des frontières. Une somme de 1000 à 2000 FCFA est demandée à chaque passager pour pouvoir passer. Entre menaces terroristes, insécurité et racket, le calvaire des populations continue au niveau des frontières.

Témoignage. ADIAN TRAORE: « C’EST UN TRAUMATISME POUR CERTAINS »

Adian Traoré est venu cette semaine du Mali. Il a pu constater ce qui se passe au niveau des frontières.  Fata Traoré s’est entretenue  avec lui sur le sujet.

 

Ci-dessous, le témoignage d’Adian Traoré

Fatalmoudou Traoré (Diiri FM, Diré), Fatou Chérie Dramé (Ouaga FM, Bobo-Dioulasso), Alhousseini Alhadji (Radio Djamana, Tombouctou), Lassina Diarra (Le Quotidien, Bobo-Dioulasso)

Photos : stagiaires et Olivier Gros-Chevallier

L’INSTITUT FRANÇAIS DE BOBO: UN ACTEUR INCONTOURNABLE DE LA CULTURE AFRICAINE

50 ans après sa création, l’Institut français de Bobo-Dioulasso ne défend plus seulement la culture française mais ouvre grand ses portes à la culture burkinabè et même au-delà des frontières, à la culture africaine

L’Institut Français de Bobo-Dioulasso a été créé en 1966 sous le nom de Centre Culturel Français Henri Matisse avec pour mission la promotion de la culture française.

Est-ce toujours le cas aujourd’hui? Sinon, à quoi sert-il exactement ?

Selon la directrice, Agathe Konaté, la mission de son institut a évolué, elle s’est étendue à la promotion de la culture burkinabè et au-delà, du monde.

Partageant aujourd’hui l’espace avec d’autres acteurs, l’Institut Français demeure un excellent cadre pour le rayonnement des cultures.

Selon la plupart des personnes que nous avons rencontrées, cet institut a toujours sa place et au grand jamais il ne faudra pas le supprimer. Notre enquête.

Reportage. UN ESPACE AU SERVICE DE TOUS

L’Institut Français est un carrefour de rencontres à Bobo-Dioulasso. Avec ses services diversifiés, il constitue un cadre de promotion de la culture, qu’elle vienne de la France, du Burkina ou d’ailleurs. Allons à la découverte de cet espace

Chaque jour, l’Institut Français de Bobo-Dioulasso accueille du monde. Cet après-midi du 7 juin 2017, nous y retrouvons des artistes, des touristes, mais aussi des élèves et des étudiants.

Malika est une habituée de la bibliothèque.

Ci-dessous, l’interview de Malika

Faire la promotion de la culture française et aussi soutenir les artistes burkinabè, c’est la mission principale de l’Institut français de Bobo-Dioulasso. Marine Muller est sa chargée de communication.

Ci-dessous, l’interview de Marine Muller

Ce qui vaut à l’Institut Français des éloges de la part de son public, notamment de Malika.

Ci-dessous, suite de l’interview de Malika

De toute façon, à l’Institut Français de Bobo-Dioulasso, chacun trouve son compte. Mais selon certains usagers, il ne serait pas mauvais aujourd’hui d’améliorer un peu les services.

Interview. AGATHE KONATE, DIRECTRICE DE L’IF: « NOTRE MISSION DEMEURE LE SOUTIEN A LA CULTURE BURKINABE « 

Agathe Konaté remet la carte numérique de l’IF offerte par Reporters solidaires aux  étudiants en Master 2 « Techniques de métiers de l’information » de l’Institut des médias de l’Université Nazi Boni

Depuis  sa création, l’Institut Français (IF) de Bobo-Dioulasso fait de la promotion de la culture son cheval de bataille. Aujourd’hui, l’Institut veut se rapprocher davantage de son public. Bientôt, il va délocaliser ses activités au niveau des quartiers, ainsi que nous l’explique Agathe Konaté.

Ci-dessous, l’interview d’Agathe Konaté

Interview. ALEXANDRE SANGARE: « JE SUIS PARTENAIRE DE L’IF DEPUIS 16 ANS »

 Alexandre Sangaré est un promoteur culturel. Depuis 2001, il organise à l’Institut Français de Bobo-Dioulasso un festival dénommé « Gnongombè »

C’est un amoureux de la culture depuis le bas-âge. En 2001, il va faire la connaissance du Centre Culturel Français Henri Matisse, rebaptisé aujourd’hui Institut Français de Bobo-Dioulasso. Et depuis cette date, il utilise cet espace pour organiser « Gnongombè », son festival de musique.

Ci-dessous, l’interview d’Alexandre Sangaré

Grâce à ses appuis, Alexandre Sangaré organise en moyenne douze spectacles par an à l’Institut Français de Bobo-Dioulasso. Selon lui, si la chose culturelle marche à Bobo-Dioulasso, c’est en partie à cause de ce centre.

Ci-dessous, suite de l’interview d’Alexandre Sangaré

Selon Alexandre Sangaré, il est important que l’Institut Français continue d’exister à Bobo-Dioulasso, et au-delà, pour la région des Hauts-Bassins.

Ci-dessous, fin de l’interview d’Alexandre Sangaré

L’Institut français doit encore grandir. Et selon Alexandre Sangaré, cela passera par le soutien de tout le monde.

Interview. ABOUDRAMANE MILLOGO, PRÉSIDENT D’UNE ASSOCIATION CULTURELLE: « L’IF N’EST PAS UN CONCURRENT »

 L’Association Jeunesse Culture et Développement (AJCD) a été créée en 1997. Grâce à l’Institut Français, elle a  réussi à organiser de nombreuses activités.

L’AJCD est une association qui œuvre dans plusieurs domaines, notamment la culture. Entre cette association et l’Institut Français, les relations ne sont pas encore formelles. Aboudramane Millogo est le président de l’AJCD.

Ci-dessous, l’interview d’Aboudramane Millogo

L’AJCD apprécie la contribution de l’Institut Français dans le rayonnement de la culture à Bobo-Dioulasso. Selon son président, il gagnerait à être mieux connu.

Ci-dessous, suite de l’interview d’Aboudramane Millogo

Aboudramane Millogo ne voit pas en l’Institut Français de Bobo-Dioulasso un concurrent, mais plutôt un partenaire. Il invite de ce pas la population à s’approcher de l’Institut.

Ci-dessous, fin de l’interview d’Aboudramane Millogo

Car pour l’AJCD, l’Institut Français de Bobo-Dioulasso a sa place dans le rayonnement de la culture de la ville, « une place qu’il faut garder, voire améliorer davantage ».

Reportage. LA MAISON DE LA CULTURE, L’AUTRE STRUCTURE CULTURELLE DE BOBO

A côté de l’Institut Français de Bobo-Dioulasso existe une structure appelée « Maison de la culture ». Cette infrastructure est une initiative de l’Etat burkinabè. Elle a ouvert ses portes en 2010 mais peine depuis à se faire une place dans l’univers culturel bobolais. 

 

La Maison de la Culture de Bobo-Dioulasso est un édifice magiquement bâti. Le joyau offre plusieurs salles de spectacle. Etienne Lompo est le directeur général de cette maison dont la mission est bien claire.

Ci-dessous, l’interview d’Etienne Lompo

 

 

Si dans la théorie, la mission de cette Maison est bien définie, sur le terrain elle reste inaccessible surtout à cause de son coût jugé élevé. C’est le sentiment de la plupart des promoteurs culturels comme Alexandre Sangaré.

Ci-dessous, l’interview d’Alexandre Sangaré

 

 

Selon le directeur de la maison de la culture de Bobo-Dioulasso, Etienne Lompo, ce reproche appartient au passé et ne saurait justifier aujourd’hui cette inaccessibilité.

Ci-dessous, suite de l’interview d’Etienne Lompo

 

 

 

En attendant, les artistes continuent d’être les abonnés absents de la Maison de la Culture de Bobo-Dioulasso. Ils préfèrent encore un espace comme l’Institut Français.

Micro-trottoir. « UNE PLACE DE CHOIX »

Selon les Bobolais, l’Institut Français occupe une place de choix dans l’univers culturel de leur ville. Pour cette raison, rien ne justifierait sa disparition

 

Safiatou Ouédraogo (Radio municipale de Sya,  Bobo-Dioulasso), Aminata Harber ( Radio Guimba, Goundam), Moussa Sanou ( Radio Alliance Chrétienne, Bobo-Dioulasso ), Mahamadoun Guindo (Radio Issaber, Niafunké)

Photos : stagiaires et Olivier Gros-Chevallier

LE TOURISME A BOBO-DIOULASSO: DES PROJETS, ENCORE DES PROJETS, TOUJOURS DES PROJETS

Comme les autres villes du Burkina Faso, Bobo-Dioulasso, carrefour de l’Afrique de l’Ouest, connaît un ralentissement de son secteur touristique en raison des problèmes liés à l’insécurité. Mais ce contexte sécuritaire n’explique pas tout.

Entre une volonté affirmée de réhabilitation des sites et l’engagement effectif d’une certaine partie de la population, la municipalité et les acteurs du tourisme ont conscience de l’urgence de la situation.

 

A la Vieille Mosquée, on rêve d’une reconnaissance par le patrimoine mondial de l’Unesco, à la Direction régionale de la culture, des arts et du tourisme, on parle d’assainissement et à la mairie, on organise le curage  du marigot Houët. Pendant ce temps, dans le Vieux Bobo, la population vit toujours parmi les détritus.

 

 

Reportage. UN VILLAGE QUI A BESOIN D’UN GRAND NETTOYAGE

Situé au coeur de Bobo-Dioulasso, le village emblématique de Dioulassoba est un site d’attraction touristique qui fait la fierté de la ville. Malheureusement, l’insalubrité grandissante des lieux constitue un obstacle à la valorisation de ce patrimoine. Pour une meilleure croissance du secteur touristique, des actions d’envergure s’avèrent nécessaires. Mais encore faut-il que les acteurs mutualisent leurs forces.

La visite du Vieux Bobo est conditionnée à l’achat obligatoire d’un ticket. Pour mille FCFA,  le touriste peut pénétrer avec un guide assermenté dans ce quartier historique, patrimoine de la ville de Sya. Mais la réalité ne correspond pas franchement à la carte postale qui est vantée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre ordures, eaux usées et déchets en tous genres, les guides essaient malgré tout de se frayer un chemin avec leurs rares clients.

 

 

 

Pourtant, ce ne sont pas les projets de salubrité qui manquent, selon Simon Sanou, président de l’association  des guides touristiques de Bobo.

 

 

Ci-dessous, l’interview de Simon Sanou

Sous un arbre, tranquillement installés autour d’un jeu de domino, quelques notables ont eux aussi des solutions toutes personnelles pour résoudre ce problème qui ternit l’image de leur quartier.  Bakary Sogo Sanou pense tout simplement qu’il faut une motivation.

Ci-dessous, l’interview de Bakary Sogo Sanou

Lagassina Sanou, un ancien conseiller municipal et agent communal, pointe du doigt l’absence de moyens et,selon lui, les lacunes de la mairie.

Ci-dessous, l’interview de Lagassina Sanou

La question de la salubrité du vieux quartier reste une préoccupation pour les autorités en charge du tourisme à Bobo.

Frédéric Niamba, directeur régional de la Culture, des Arts et du Tourisme, semble vouloir prendre le problème à bras-le-corps.

Ci-dessous, l’interview de Frédéric Niamba

Selon Frédéric Niamba, le tourisme possède tous les atouts pour se développer à condition que les acteurs soient mieux organisés.

Ci-dessous, la suite de l’interview de Frédéric Niamba

 

 

A l’entrée de la Villa Rose, un des hôtels de Bobo-Dioulasso, on remarque immédiatement les nombreuses statuettes et les masques suspendus un peu partout sur les murs. Dans cet établissement, la clientèle qui profite des charmes d’un vaste jardin ombragé est surtout constituée de membres d’ONG et de quelques touristes. Pour Moctar Salamatao, le propriétaire de la Villa Rose, hôtellerie et tourisme vont de pair.

 Ci-dessous, l’interview de Moctar Salamatao

 

 

Actuellement confronté à de nombreuses difficultés, le secteur du tourisme pourrait peut-être améliorer sa situation en accentuant la sensibilisation à l’hygiène auprès de la population.

Interview. ALI NO, ADJOINT AU MAIRE DE BOBO CHARGE DU TOURISME:  » QUE LA POPULATION NE VIVE PLUS DANS UN DÉPOTOIR »

Conscientes de l’importance du tourisme et de l’obstacle que constitue l’état d’insalubrité du Vieux Bobo, les autorités municipales sont prêtes à faire des efforts pour que leur ville redevienne la capitale touristique du Burkina Faso et une valeur en Afrique.

Ci-dessous, l’interview de Ali No

Portrait. UN GUIDE QUI A LE TOURISME DANS LA PEAU

Lucien Bognini est guide touristique à Bobo-Dioulasso depuis 21 ans. Dynamique et ambitieux, il ne veut pas abandonner son métier malgré le phénomène du terrorisme qui a touché le secteur touristique des Hauts Bassins à partir de l’année 2015

Lucien Bognini est né à koumbia, commune rurale située à 60 Kilomètres de la ville de Bobo-Dioulasso dans la province des Balé. A 43 ans, il porte fièrement  ses balafres typiques de Boaba, une ethnie vivant à l’ouest du Burkina Faso, caractérisée par son ouverture d’esprit et son franc-parler.

Comment est-il devenu guide touristique, lui qui a commencé à travailler dans les travaux publics ?  « Grâce à un ami, en 1996, j’ai intégré le secteur touristique à l’hôtel Watinoma situé dans le centre-ville de Bobo-Dioulasso. A l’époque, j’avais pour mission de conduire parfois des touristes dans les sites touristiques tels que le marigot sacré de Dafra, le village atypique de Koro et même au-delà de la ville, notamment à Banfora et Tingrela ».

 

Son dynamisme, sa promptitude et sa jovialité lui permettront de conduire les touristes hors des frontières du pays des hommes intègres.  Bien imprégné du milieu, Lucien va user de son niveau intellectuel et de son talent de communicant pour s’imposer dans le métier. « J’ai obtenu ma carte de guide touristique le 3 mars 1997  et au bout de quelques  années, je suis devenu un membre exécutif du bureau de l’Association des guides ».

Comme pour les autres guides de Bobo-Dioulasso, Lucien reconnait que ces dernières années, le métier est devenu difficile. « Avant, on pouvait compter  deux mille touristes par semaine alors qu’en janvier passé, l’association des guides  n’a enregistré la venue d’aucun touriste ».

Ce secteur sinistré ne nourrit plus son homme. Malgré l’atmosphère peu prometteuse du tourisme face au phénomène du terrorisme ces dernières années, Lucien ne baisse pas les bras. Il continue d’offrir son service et son savoir en échangeant son costume de guide contre celui d’agent en hôtellerie. Toujours optimiste, il confie même avoir des projets : « J’ambitionne d’ouvrir une agence de voyage ». Toutefois, pourra-t-il y parvenir sans l’accompagnement de partenaires ?

 

Interview. LE RÊVE DE SEYDOU SANOU, GUIDE DE LA VIEILLE MOSQUÉE DE BOBO

La mosquée de Dioulassoba a été construite en 1872 par l’Imam Gaoussou Sakidi Sanou. Au fil des siècles, cette richesse nationale, bâtie en terre et ornée de morceaux de bois, a surmonté l’épreuve du temps. Cette année, ses responsables espèrent la faire inscrire au patrimoine culturel mondial de l’Unesco. Grâce à des fonds levés avec succès, les travaux de réhabilitation ont déjà commencé. C’est une page nouvelle de son histoire qui se tourne.

Ci-dessous, l’interview de Seydou Sanou

Agaïchatou Walet Hamada (Radio Alkhabar, Gourma-Rharous), Aminata Sanou (L’Express du Faso, Bobo-Dioulasso),  Mohamed Touré (Radio Alkhabar, Gourma-Rharous),  Wielfried Somé (Radio RED FM, Bobo-Dioulasso), Moussa Traoré (Diiri FM, Diré)

Photos : stagiaires et Olivier Gros-Chevallier

CÉSARIENNES: LE BURKINA FASO CHERCHE A RATTRAPER SON RETARD

Avec  2% de césariennes, le Burkina Faso se place loin derrière de nombreux pays mais en mettant en place un meilleur dépistage, en facilitant l’accès aux soins par leur gratuité et le développement de structures de proximité, il compte bien offrir une césarienne à toutes les femmes qui en ont besoin, ainsi que le préconise l’OMS

Enquête. LA CÉSARIENNE: UN MAL NÉCESSAIRE

Au centre hospitalier régional (CHR) Souro Sanou, au cœur de Bobo-Dioulasso, les femmes enceintes attendent patiemment dans la cour qui sert de salle d’attente. Il fait partie des établissements de la Région des Hauts-Bassins qui pratiquent des césariennes.

La salle d’attente de l’hôpital Souro Sanou

Dans une chambre, elles sont trois à avoir subi cette opération et se reposent sans leur bébé. L’une d’entre elles souffre vraiment. Elle n’arrive pas du tout à supporter la douleur. Yéli Bienvenue Kam, 36 ans, qui accepte de répondre à nos questions est plus en forme. Avec des mots simples et beaucoup d’émotion, elle raconte ce qu’elle a vécu la veille. Pour elle comme pour les autres, la césarienne était le seul moyen de mettre au monde un enfant.

Ci-dessous, l’interview de Yéli Bienvenue Kam

Z0000030

La césarienne est une des interventions chirurgicales les plus pratiquées au monde. Selon les statistiques du Ministère de la Santé du Burkina Faso, l’augmentation du nombre de césariennes a été constante et régulière entre 2000 et 2014. Durant cette période, on est passé de 2 365 à 19 081 césariennes, soit une progression de 0,5% à 2% du nombre total d’accouchements, un taux qui varie selon les zones d’habitation.

Limiter les risques

Il y a quinze ans, la plupart des césariennes avaient lieu dans les centres hospitalo-universitaires (CHU). Aujourd’hui, la tendance s’est complétement inversée puisque 52% des césariennes sont réalisées dans les hôpitaux de district (HD), 25% dans les CHU et 23% dans les CHR. Cette forte concentration dans les HD s’explique par la volonté politique de rapprocher les populations des structures sanitaires afin de promouvoir une prise en charge rapide de qualité, de réduire le plus possible les déplacements des femmes enceintes et donc de limiter d’autant les risques de complication.

Le dépistage des grossesses à risque est effectué dans les Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) ainsi que nous l’explique Adama Dao, maïeuticien au CSPS de Dogona. Il pratique les accouchements par voie basse, comme les sages-femmes, mais non les césariennes. Il estime que l’augmentation du nombre de césariennes est survenue « de façon empirique ». Selon lui, il y a plus de césariennes parce qu’il y a plus de femmes enceintes.

Ci-dessous, l’interview de Adama Dao

ITW Dao

Une « épidémie » mondiale

Cette augmentation spectaculaire du nombre de césariennes est-elle inquiétante ou au contraire rassurante ? Correspond-elle à une aggravation des pathologies liées à la grossesse, à un phénomène de mode, à un désir de mieux sécuriser les accouchements ou simplement à un meilleur dépistage de l’état des patientes qui nécessite cette intervention chirurgicale ?

Pour le savoir, il faut déjà comparer ce taux de 2% de césariennes pratiquées au Burkina Faso à celui des autres pays. D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui parle d’ « épidémie », le nombre de césariennes explose littéralement dans le monde. En Europe, elles constituent 23% des accouchements, 35 % dans les Amériques, 24,5% dans le Pacifique Ouest, 8,8% en Asie du Sud-Est et 3,8% en Afrique. En Chine et au Brésil, un accouchement sur deux se fait par césarienne.

40% des femmes accouchent encore chez elles

Le Burkina Faso est donc loin derrière, même si la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants, effective depuis 2016, devrait faciliter l’accès aux actes médicaux et chirurgicaux.

Le Dr. Hermann Ouattara, gynécologue-obstétricien et chef de service au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Dô, déplore qu’environ 40% des femmes accouchent encore chez elles, sans assistance.  Son objectif, comme le préconise l’OMS, est que toutes les femmes qui ont besoin d’une césarienne puissent en profiter.

 

Ci-dessous, l’interview du Dr. Hermann Ouattara

Z0000036

Dans les cliniques privées, la césarienne a en revanche un certain prix, elle est donc réservée aux classes aisées. Elle pourrait vite faire l’objet d’abus pour des raisons strictement financières, comme le dénonce l’OMS.

Selon l’OMS, 10 à 15% des grossesses devraient donner lieu à une césarienne. Au-dessous de 10%, les experts estiment que la mortalité néonatale et maternelle diminue au fur et à mesure que le taux de césariennes augmente. Au-dessus de 10%, on ne constate plus de réduction de cette mortalité. Cela signifie qu’au-delà d’un  certain seuil, les bénéfices ne sont plus vraiment réels et que les accouchements par césarienne répondent plus à un souhait de programmer cette intervention pour un meilleur confort des patientes… mais surtout des obstétriciens.

Kadia Mahamane (Radio Bouctou, Tombouctou), Louiji Konaté (Radio municipale de Sya, Bobo-Dioulasso), Mohamed Almahadi Touré (Radio Hondou FM, Goundam), Dieudonné Sou (Radio Alliance Chrétienne, Bobo-Dioulasso)

EN BREF

C’est quoi une césarienne ?

C’est une intervention  chirurgicale, programmée ou non, visant à extraire un bébé après incision de l’utérus. Elle est réservée aux grossesses à risque et se pratique sous anesthésie régionale, rachianesthésie ou péridurale

D’où vient ce nom ?

Du mot latin caesar qui signifie enfant né par incision. L’empereur Jules César s’appelait ainsi en tant que descendant d’un homme né par césarienne. La première césarienne connue et réussie sur une femme vivante remonte à 1500. Jusqu’alors, l’enfant était parfois sauvé mais les mères mouraient toujours.

Est-ce une intervention fréquente ?

Oui, c’est une des interventions les plus fréquentes au monde mais son taux varie selon les pays. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il atteint 23% des grossesses en Europe, 35% dans les Amériques, 24,1% dans le Pacifique Ouest, 8,8% en Asie du Sud-Est et 3,8% en Afrique. Au Brésil et en Chine, un accouchement sur deux se fait par césarienne. Mais au Burkina Faso, le taux ne dépasse pas 2%.

Y a-t-il des complications ?

Les complications sont trois fois plus fréquentes avec une césarienne qu’avec un accouchement par voies naturelles. Elles surviennent dans 5 à 10% des cas. Elles sont principalement dues à des infections, des problèmes de coagulation qu’on peut traiter préventivement avec des anticoagulants, à des lésions touchant d’autres organes et des hémorragies. La mortalité est de deux à onze fois plus élevée que dans les accouchements normaux.

Existe-t-il d’autres effets ?

Selon une étude publiée dans les Dossiers de l’obstétrique en 2001, trois mois après une césarienne, 65% des femmes estiment ne pas être remises de l’opération. Elles ressentent de la fatigue, souffrent de maux de dos et de tête, ont des problèmes de sommeil et de dépression.

Quels avantages présente la césarienne ?

Elle permet à des enfants de naître lorsque les voies naturelles sont obstruées, quand ils sont trop gros ou que la mère a un bassin trop étroit ou encore quand elles souffrent de certaines pathologies. Dans les pays en voie de développement, 8% des femmes enceintes meurent d’arrêt du travail et 12% d’éclampsie, due à une hypertension artérielle. Elles auraient pu être sauvées si elles avaient bénéficié d’une césarienne.

Photos : stagiaires et Olivier Gros-Chevallier