Élections municipales : après l’engouement, le désenchantement

217 conseillers doivent être élus dans sept arrondissements de Bobo-Dioulasso

Il est 5h55 au bureau de vote n° 4 de l’école centre B du premier arrondissement. Dans la cour c’est le calme total, la sécurité constituée de la gendarmerie et de la police est en place. Le bureau de vote est situé dans une salle de classe aménagée à cet effet. Le matériel se compose d’un isoloir dressé au fond de la salle, d’une urne transparente placée sur une table au centre, les bulletins de vote et les listes électorales attendent sagement sur les tables d’écolier.

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Installation dans une salle de classe

Quelque minutes  plus tard- il est 6 h – tous les membres du bureau de vote sont présents. En plus des représentants locaux de la Commission Electorale Nationale Indépendante(CENI), sept délégués de parti sur dix-sept sont déjà sur place. « Effectivement on a bien commencé à 6h mais il n’y a pas beaucoup de monde. C’est vrai que c’est le matin, on a à peine une dizaine de personne qui sont venues voter. Le matériel, on en a suffisamment, à part le code électoral qu’on n’a pas encore reçu. On nous a promis de l’envoyer d’ici peu. En ce qui me concerne, je pense que tout se déroule bien », confirme Mikailou Traoré, président du bureau de vote n° 4.

Les delegues des partis politiques en plein travail

Les délégués des partis politiques en observation

L’affluence n’est pas au rendez-vous

A 6h 06, les trois premières électrices apparaissent, toutes les trois habillées de pagne modeste. Elles sont venues en groupe accomplir leur devoir civique. « Je suis très contente d’être venue voter ce matin. Ma raison principale est de contribuer à un choix meilleur pour ma localité pour qu’il y ait un changement dans la gouvernance », affirme Abibata Sanon.  Le prochain électeur n’arrive que cinq minutes plus tard.

Jusqu’à 07h 30, l’affluence n’est pas au rendez-vous. Le constat est le même à l’école BOLOMAKOTE où Salif Soulama candidat du parti ADF RDA constate : « Les électeurs viennent au compte- gouttes mais on se rassure. D’ici la fermeture il y aura de l’affluence. Je suis très confiant, les gens ont une certaine conscience et un civisme parfait maintenant et ils nous promettent réellement de s’exprimer ».

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Les représentants de la CENI restent confiants

Le gouverneur de la région des Hauts-Bassins Antoine Atiou Arthur  est venu constater le déroulement du scrutin, accompagné d’une délégation. Après avoir effectué le tour de certains bureaux il déclare espérer une meilleure participation.

Espoir de changement

A 11h, dans les bureaux de vote, l’ennui se lit sur tous les visages. Dans la cour on entend les conversations de quelques journalistes mais également le bêlement des moutons attachés aux arbres dans les alentours. Les électeurs qui se sont déplacés affichent un air de confiance. Ils s’attendent à un vrai changement. Abdoul Aziz Dindane, un jeune à l’air fier explique : « Nous voulons que les élus mettent le problème de l’emploi des jeunes au cœur de leur programme, que le changement proprement dit s’effectue et que ces nouveau élus ne soient pas comme les précédents ».

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Moins de 30% des électeurs se sont déplacés

Les électeurs ayant accompli leur devoir de citoyen se réjouissent, car pour eux ces élections peuvent conduire à un véritable changement. « Vraiment je suis très satisfait, je ne m’attendais pas à ça, vu ce qui s’est passé, tu reviens, tu vois tout ça, tu vois que le travail nécessaire a été fait », poursuit Abdoul Aziz Dindane.

Appel à la radio

13 h : face à la réticence des électeurs à se déplacer, un appel est lancé sur plusieurs radios locales, notamment sur la radio LPC (Liberté de Parler et de Communiquer) où les avis des citoyens ayant constaté l’importance des abstentions passent en direct sur l’antenne.

Ces élections de proximité dans la commune de Bobo-Dioulasso sont en effet marquées par une faible participation des électeurs, comme partout dans le pays. En revanche, le scrutin se déroule dans le calme sans incident majeur.

Des delegues reclament un 2e decompte      Sur 411 inscrits, 113 votants

18 h : c’est l’heure de la fermeture. L’urne est à moitié pleine. Le président du bureau de vote casse les scellés, ouvre le récipient et renverse les bulletins sur la table. Il est entouré de témoins, des délégués de parti, du scrutateur et des journalistes. Le décompte est rapide : environ trente minutes. Sur 411 inscrits, 113 seulement ont voté.

Lassina Diarra (Le Quotidien à Bobo-Dioulasso)

Mohamed Almahadi Touré (Hondou FM à Goundam)

Reportages audio de Moussa Traoré (Radio Diiri de Diré) et Aboubacar Sanou (Radio Horizon FM à Bobo-Dioulasso)

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