À la découverte du vieux Bobo

Au coeur de Bobo-Dioulasso, une zone, bien que délaissée par les touristes, met en évidence ses richesses culturelles nées d’une diversité ethnique et religieuse

Les rayons du soleil éclairent le quartier de Kibidoué, où est née la ville de Sya, ancien nom de Bobo-Dioulasso.  10h30, le vieux Bobo, situé au centre de l’ancienne capitale du pays, s’éveille lentement.

6 Kibidoue Siakourou

L’arbre a donné son nom au quartier

Un arbre pour symbole

« On est en crise politique, il y a de l’insécurité et des conflits dans les pays frontaliers. Pour l’instant, il n’y a pas de voyageurs étrangers. On ambitionne de développer l’activité touristique. Mais à l’heure actuelle, on ne peut pas en vivre», explique Simon Sanon, président de l’Association des Guides Touristiques de Bobo (A.G.T.B). Il fait part de ses inquiétudes sur le développement du tourisme. Ainsi, l’association a été créée il y a plus de vingt ans et compte trente membres. Son travail consiste à faire découvrir le charme de cet endroit. Ces guides peuvent aussi sortir hors de Bobo-Dioulasso et faire rêver leurs hôtes dans des lieux aussi typiques que Banfora, Gaoua , Lobi, Cassena, etc.

7 Premiere maison de l'ancetre fondateur de Bobo.

La maison du fondateur date du XIe siècle

La première maison de Kibidoué symbolise le quartier. Kibidoué était le nom initial de Sya. Un panneau marque l’entrée de cette première bâtisse. Sur celui-ci, se dresse l’arbre illustrant le nom du village. Puis au centre surgit la case des fétiches. Tandis que le petit mausolée rappelle les signes du sacrifice.

Une diversité religieuse et ethnique

Ici, quelques enfants s’adonnent à la lecture coranique. Des anciens causent sous la fraîcheur d’un manguier. Des femmes mélangent les graines de mil. D’autres font la lessive. Au bord de la rivière, une maman coupe le poisson. Tout se déroule autour de la maison qui hébergea les premiers ancêtres de cette cité au XIe siècle. Voilà pourquoi les guides de Bobo ont plusieurs atouts pour séduire les visiteurs. Le promeneur passe ainsi de la mosquée datant de 1880 jusqu’à ce cours d’eau où les silures sacrés sont les princes des lieux.

4 Simon Sanon et Alassane Bissiri

Simon Sanon, guide touristique, et Alassane Bissiri, marabout

Le vieux Bobo continue de vivre de manière traditionnelle. Ainsi en mars, s’est tenue la fête des masques. «J’ai été initié pendant cette fête. Je me suis converti à l’Islam », mentionne Simon Sanon. Tandis que  Alassane Bissiri, le petit frère de l’Imam et aussi marabout, se définit aussi comme un guide du tourisme : «Notre activité consiste à aider les responsables touristiques».

La première église de Kibidoué se présente au bout des vieilles ruelles de latérite, illuminées par le soleil. Elle est sortie de terre en 1945. « Toutes les religions cohabitent, l’Islam, le Christianisme et l’Animisme.  Le chef actuel est le sixième chef de Kibidoué. Il était un grand catholique et s’est converti à l’Animisme », dit Simon Sanon. Malgré l’ancienneté des lieux incarnée par une vieille voiture noire appartenant à l’église et plantée là, toute une richesse née de la diversité ressort.

11 Premiere eglise chretienne

L’église chrétienne a été construite en 1945

Il faut retenir aussi que Kibidoué regorge d’une multitude d’ethnies telles que les Bobos, les Mossis, les Dioula, les Peuls. Les différentes communautés vivent en parfaite communion. « Pendant la fête des masques il y a une interaction entre les hommes », stipule Simon Sanon.

La vieille mosquée vise l’Unesco

Cependant à Kibidoué, les musulmans sont majoritaires. Tous les jours, la vieille mosquée située un peu à l’écart du vieux quartier accueille ses fidèles. Le vendredi, pour la grande prière, quatre cent personnes l’investissent. Pour les jours de grande affluence, une salle de prière supplémentaire a été aménagée à-côté. Le visiteur est frappé par la beauté du monument sacré. Sa couleur blanche, ses murs en banco, ses pieds de bois, ses piliers arrondis, ce minaret d’où l’Imam guide la prière, confèrent à ce lieu saint un côté impressionnant. «Je dois partir déposer le plan de la mosquée au ministère pour qu’elle soit inscrite au patrimoine mondiale par l’UNESCO. Car elle est un atout pour notre communauté », souligne Simon Sanon.

2 Mosquee

La vieille mosquée, de style tombouctien, date de 1880

La traversée de Kibidoué s’avère très marquante et chaleureuse. Le vieux Bobo est l’une des plus grandes richesses culturelles de la deuxième ville du Burkina Faso. Malgré le manque d’engouement des touristes qui entraîne un ralentissement de l’activité des guides, ce fameux quartier conserve ses atouts et mérite davantage de considération.

Aminata Harber (radio Guimba à Goundam)

Ibrahim Sarambé (radio Al-Mafaz à Bobo-Dioulasso)

Reportages audio de Mahamadoun Guindo (radio Issaber à Niafunké) et de Wilfried Somé (radio Evangile et Développement à Bobo-Dioulasso)

 

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